Lisez vite ce livre avant que ses pages les plus belles soient remisées au rang de souvenirs nostalgiques, à la suite des progrès de l’intelligence artificielle (IA) générative. Cet avertissement s’impose à la lecture du dernier chapitre d’un essai passionnant sur le travail quotidien d’une mathématicienne. L’autrice, Sylvia Serfaty, n’avait sans doute pas songé terminer ainsi son ouvrage. Mais, puisqu’elle a pris le parti de nous livrer ses réflexions sur sa discipline et son métier, il lui a sans doute été difficile de ne pas aborder la question de la transformation de son activité face au progrès technique. Elle dit être « au bord du précipice », prête à « faire le deuil » d’une manière de faire des maths. Cette fin est à l’image du reste, sincère, lucide et passionné.
Les premiers chapitres se dévorent, car ils racontent la naissance d’une carrière, depuis le déclic lycéen jusqu’aux postes académiques, en passant par les classes préparatoires et l’hommage à un professeur inspirant et trop vite disparu. Ce parcours d’élite est classique en France : excellents résultats scolaires dans toutes les matières, Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, à Paris, et embauche rapide, en l’occurrence aux Etats-Unis à l’Institut Courant de l’université de New York.
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