- Après le déraillement vendredi soir d’un TER à proximité de Rouen, la présence d’un morceau de rail sur les voies serait à l’origine de l’accident.
- Un acte malveillant, même si le parquet a appelé samedi soir à la prudence sur les causes de l’accident.
- L’enquête va rapidement devoir le déterminer.
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Le 20H
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Vingt-quatre heures après le déraillement d’un TER qui assurait la liaison Rouen-Caen, les policiers sont à pied d’œuvre. Constatations, indices, auditions, ils tentent de comprendre les raisons de l’acte de malveillance très vite évoqué par le parquet qui a toutefois appelé ce samedi soir à la prudence sur les causes de l’accident. « À ce stade, aucun élément ne permet d’évoquer un acte de malveillance commis avec l’intention délibérée de faire dérailler le train, et donc encore moins un attentat »,
a souligné le procureur de Rouen, Sébastien Gallois.
Vendredi, le train de 18h05 a emprunté sans encombre le même trajet jusqu’à destination. Mais le suivant, parti à 19h06, n’a circulé qu’une vingtaine de minutes jusqu’au niveau de Cléon et de l’usine Renault. La double rame lancée à 140 km/h a percuté un objet dans ce secteur boisé.
L’automotrice de tête s’est renversée en contrebas avant d’être dépassée par le reste du convoi. « La première chose que j’ai vue, c’est vraiment le premier wagon qui se détache entièrement. Je ne l’ai même pas vu avancer et partir sur le côté. Je l’ai vu complètement partir, s’arracher »,
raconte un passager dans le reportage ci-dessus. L’objet suspect est une section de rail retrouvée sur place (photo ci-dessous). Selon notre évaluation, elle mesurerait environ 7 mètres et pèserait un peu moins de 300 kg.
Plusieurs sabotages en 2024
Sur une vidéo amateur, peu après le déraillement, on entend la stupeur d’un agent de la SNCF. « C’est vous qui avez mis le rail sur la voie, là ? »
, lance-t-il. Le rôle de cet obstacle dans l’accident et l’identité de ceux qui auraient pu le déposer doivent encore être déterminés. Les policiers vérifieront notamment si des groupes extrémistes ou une puissance étrangère sont impliqués. Rien ne l’indique à ce stade.
En 2024, juste avant les JO de Paris, des sabotages avaient perturbé quatre lignes à grande vitesse. L’âge du matériel roulant ou de la voie sera vérifié, mais sans inquiétude particulière, selon Arnaud Aymé, spécialiste des transports au cabinet SIA. « Il ne s’agirait pas de matériel récent ou il ne s’agirait pas d’infrastructure récente ou suffisamment maintenue, ça, ça ne doit pas causer de problème de sécurité. Quand un matériel n’est pas assez maintenu, ce qui se passe, c’est qu’il a plus de probabilité de tomber en panne. Quand l’infrastructure n’est pas assez maintenue, on doit diminuer la vitesse limite. Tout ça ne doit pas amener à créer un problème pour la sécurité des voyageurs »,
dit-il.
SNCF Réseau précise que la voie n’est pas en travaux. Le train, lui, fait partie d’un lot assez récent, livré à partir de 2004. Enfin, il y a le conducteur. Il a seulement 5 ans d’ancienneté, mais une bonne connaissance de la ligne, dit une source syndicale. Ses tests d’alcoolémie et de stupéfiants sont annoncés négatifs par le procureur.
V. F | Reportage : Olivier SANTICCHI, Emmanuelle BINET et Michael MERLE

