“Le 22 Bahman [11 février dans le calendrier iranien], démoralisez l’ennemi”, écrivait à sa une le quotidien iranien Javan le 10 février, reprenant l’appel à la mobilisation lancé par le guide suprême, Ali Khamenei, à la veille du 47e anniversaire de l’établissement de la République islamique, en 1979, ce mercredi 11 février. Comme chaque année, ce jour est férié et aucun journal ne paraît.
Avec une photo pleine page de Khamenei, comme tous les autres journaux du pays. Et, pour le quotidien réputé proche des Gardiens de la révolution, les photos des marches organisées les années précédentes à cette occasion, en signe de soutien du peuple aux idéaux de la révolution.
Cet appel intervient alors que le régime a été secoué comme jamais, le mois dernier, par un mouvement de contestation inédit qu’il cherche à éteindre à tout prix, en essayant de faire taire les voix dissidentes à l’intérieur du pays, après avoir réprimé les manifestations dans le sang à une échelle sans précédent, au prix de milliers de morts.
En ce 11 février, des milliers de personnes se sont effectivement rassemblées place Azadi, à Téhéran, et ailleurs dans le pays, brandissant des drapeaux de la République islamique et des portraits de Khamenei, mais aussi des pancartes moquant Reza Pahlavi, le fils du chah déchu, qui s’était imposé comme une figure de la contestation, et le président américain, Donald Trump.
Lignes rouges
Mais la veille au soir, de nombreuses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient des Iraniens, dans la capitale et ailleurs, scander sur leurs balcons des slogans tels que “Mort au dictateur” et “Mort à la République islamique”.
L’“ennemi” que désigne Javan dans son titre, ce sont les États-Unis et le “régime sioniste” − comprendre Israël. Un “ennemi” avec lequel Téhéran a, certes, ouvert des discussions, mais en traçant des lignes rouges.
Une affiche géante menaçant les navires de guerre américains, à Téhéran, le 27 janvier 2026.. PHOTO ARASH KHAMOOSHI/NYT
L’Iran ne cédera pas aux “demandes excessives” des États-Unis sur son programme nucléaire, et fait savoir qu’il ne plierait pas face aux revendications américaines ou à une “agression”, a averti le président iranien, Masoud Pezeshkian.
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