- Une étude menée par Doctolib et la Fondation Jean-Jaurès pointe les disparités entre les régions au sujet de l’accès aux soins.
- « Entre 2023 et 2025, 47% des départements enregistrent une hausse des délais » médians pour les généralistes.
- Exemple avec la cardiologie où il faut compter 16 jours d’attente pour obtenir un rendez-vous à Paris contre 164 jours dans le Gers.
La patience est de mise. Si les délais pour obtenir un rendez-vous médical sont restés « relativement stables »
ces deux dernières années en France, les disparités selon les professions et les territoires se creusent selon une étude menée par la Fondation Jean-Jaurès partagée ce mardi 19 mai. Les travaux s’appuient sur 234 millions de rendez-vous en 2025 auprès de 80.000 professionnels de santé qui utilisent la plateforme Doctolib. « Entre 2023 et 2025, 47% des départements enregistrent une hausse des délais »
médians pour les généralistes, « 49% restent stables, et seulement 4% connaissent une amélioration
« .
Du mieux chez les kinés et les ophtalmos
L’étude montre des « écarts départementaux considérables »
, comme en cardiologie où il faut compter 16 jours d’attente pour obtenir un rendez-vous à Paris contre 164 jours dans le Gers. Difficile toutefois de désigner les territoires qui cumuleraient toutes les difficultés, car « chaque profession a sa propre géographie de l’accès aux soins, qui ne se superpose pas à celle des autres »
. « La cardiologie est sous tension dans l’arc Occitanie-vallée du Rhône. L’ophtalmologie et la pédiatrie dans le Grand Ouest. La dermatologie dans le Nord et le Centre-Est »,
précise l’étude.
Pour les généralistes, pierre angulaire du système de santé français, les principaux indicateurs sont stables au niveau national entre 2023 et 2025, à l’exception de la part des rendez-vous à plus de 7 jours qui augmente (+3 points à 35%), un signe de dégradation. Coordonnée par la géographe Joy Raynaud, l’étude montre aussi une dégradation des délais médians chez les pédiatres (+1 jour, passé à 8 jours), chez les cardiologues (+1 jour, désormais 42 jours), les psychiatres (+1 jour, désormais 15 jours).
Mais certains secteurs voient des améliorations. C’est le cas des kinés dont le délai médian d’attente reste stable à 6 jours, avec une part des rendez-vous à plus de 7 jours qui diminue. Les chirurgiens-dentistes passent eux à 10 jours d’attente (-1 jour). Quant aux ophtalmologues, ils affichent une réduction record (-4 jours pour atteindre 21 jours), grâce au renfort « d’orthoptistes, opticiens, infirmières et assistants médicaux »
.
Les dermatologues voient leur délai de rendez-vous s’améliorer, avec 3 jours de moins mais restent à un niveau très élevé de 32 jours, avec des écarts départementaux là encore importants. La situation est identique chez les gynécologues, dont le délai diminue de 2 jours à 19 jours, malgré des « déséquilibres structurels profonds »
. Les sage-femmes, qui peuvent se substituer aux gynécologues pour les suivis ordinaires, ont l’avantage de présenter un délai de 12 jours. Mais c’est tout de même un jour de plus par rapport à 2023, malgré la démographie en hausse de la profession.




