Pendant des jours, la photographe iranienne Yalda Moaiery a tenté en vain de se reconnecter à Internet. Ce n’est que le 23 janvier qu’elle y est parvenue, grâce à un VPN. Elle a alors réussi à transmettre une quarantaine de photographies prises lors de la grande manifestation du 8 janvier à Téhéran, mais aussi lors des funérailles d’un homme de 39 ans tué par les forces du régime dans la ville de Karadj, le 9 janvier. Ces images comptent parmi les très rares témoignages visuels, livrés par une professionnelle, de cette répression menée à huis clos.
Yalda Moaiery a d’abord opté pour l’anonymat lorsque Le Monde a publié, le 26 janvier, ses photos de l’enterrement, afin de ne pas être identifiée et de continuer à documenter la répression. Tôt le matin du mardi 3 février, une dizaine d’agents au service des gardiens de la révolution ont fait une descente chez elle, dans le centre de Téhéran, confisquant son matériel photographique, son ordinateur et son téléphone portable. Pour la version imprimée de son numéro 751, qui paraissait quelques jours plus tard, M a décidé de retirer de son portfolio sur l’Iran toutes les informations susceptibles d’identifier Yalda Moaiery qui auraient pu permettre de l’identifier, afin de la protéger.
Quelques heures après l’envoi du magazine à l’imprimerie, Yalda Moaiery nous a fait savoir qu’elle souhaitait signer ses photos que nous publions sur lemonde.fr aujourd’hui. La photographe professionnelle de 44 ans est convoquée dans les prochains jours au tribunal Moghaddas Ardabili de Téhéran. Elle ne sait pas si elle sortira libre de ce rendez-vous. Nous continuerons de la suivre et d’informer nos lecteurs sur son sort.
Il vous reste 76.47% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.











