Les quelque 3,5 millions de copies du baccalauréat, dont les épreuves écrites des filières générales et technologiques se sont achevées jeudi, sont numérisées, puis corrigées par environ 52.000 professeurs, qui doivent appliquer les directives des inspecteurs et harmoniser leurs notes.
– Directives en amont –
À peine les épreuves terminées, les copies, anonymes, sont numérisées au sein des centres d’examen puis mises sur la plateforme ministérielle Santorin. Des commissions d’entente nationales sont organisées, puis les inspecteurs transmettent les consignes aux correcteurs lors de commissions académiques par discipline.
« Le baccalauréat vaut la même chose à Rennes, à Pointe-à-Pitre, à Versailles, à Montpellier ou à Valenciennes. Donc les consignes sont les mêmes », a assuré le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, en présentant, en mai, les modalités de l’examen 2026.
Lundi, la commission académique francilienne du français pour la filière technologique a regroupé environ 500 personnes par visioconférence.
« On nous a présenté les grilles de correction qui, il faut bien le dire, changent peu par rapport à l’année dernière », a rapporté à l’AFP l’une des participantes, qui a demandé à rester anonyme, alors que M. Geffray a affirmé plusieurs fois que les fautes de français seraient plus sévèrement sanctionnées cette année.
La syntaxe, l’orthographe, le vocabulaire, l’intelligibilité de la rédaction comptaient déjà, les années précédentes, pour un quart de la note.
« On a corrigé ensemble des copies, tirées au sort, et on a mis 11 à des copies dont la syntaxe était vraiment très mauvaise, ou douteuse mais il y avait des connaissances, d’autres choses qui fonctionnaient », a ajouté cette source.
« Il n’y a pas de modification du barème « , a-t-on assuré jeudi à une centaine de correcteurs d’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP), lors de la commission académique francilienne de la discipline, selon l’un des participants qui a requis l’anonymat.
« La maîtrise de la langue était déjà prise en compte », bien avant les consignes du ministre, a par ailleurs souligné la coordinatrice.
« Ces commissions sont devenues assez verticales », déplore Emmanuelle Caley, coprésidente de l’association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses). Selon elle, en 2025, la grille de correction en SES prévoyait plus ou moins un point pour l’orthographe et l’expression.
Lors de la commission académique de l’épreuve anticipée de maths, « on a vu question par question, pour essayer d’avoir tous la même façon de corriger », rapporte un professeur parisien, qui a demandé l’anonymat.
– Pas d’IA –
Ensuite, chaque professeur corrige une cinquantaine de copies en moyenne, payée environ cinq euros par copie, la plupart du temps à l’ordinateur, à domicile. Lors de la commission HGGSP de jeudi, il a été rappelé aux correcteurs qu’il était interdit d’utiliser des outils d’intelligence artificielle, au nom de la protection des données.
Selon les matières, une copie évaluée en dessous d’une certaine note (7/20 en HGGSP et 5/20 en français) doit être automatiquement relue par un autre correcteur.
« C’est un peu galère. Du coup, généralement, la notation commence au-dessus », confesse un professeur d’histoire-géographie des Hauts-de-France.
En fin de correction, une commission d’harmonisation académique, présidée par l’inspecteur pédagogique régional de la discipline ou un enseignant désigné par le recteur, se déroule pour comparer les écarts de notation et réviser certaines notes à la hausse ou à la baisse, selon le ministère.
« C’est une harmonisation statistique. En général, il n’y a pas trop d’écart », rapporte un enseignant de sciences économiques et sociales, qui a demandé l’anonymat.
Une fois les moyennes (notes aux écrits et contrôle continu) de chaque élève établies, des jurys se réunissent et regardent les dossiers des élèves. En fonction, ils peuvent attribuer une mention bien à un élève proche du 16/20 par exemple, ou repêcher pour l’oral de rattrapage des élèves avec une moyenne proche du 8/20.
« Avec le bulletin, on essaie de détecter si le gamin a fourni un minimum de travail, s’il a fait des efforts ou au contraire s’il n’a rien fait », explique un enseignant d’histoire-géo.
Mais cette année, Édouard Geffray a affirmé qu' »un candidat qui, au terme des épreuves finales, a moins de 8 sur 20, ne peut pas se faire remonter à 8 pour aller au rattrapage ».
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