- Le pianiste Sofiane Pamart s’est produit en ouverture du 52ᵉ Festival du cinéma américain de Deauville.
- TF1info en a profité pour parler septième art avec l’auteur de l’album « Movie », sorti au printemps.
- Et lui demander à quoi va ressembler son prochain challenge : le Stade de France, le 17 avril 2027.
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Quel chemin parcouru par Sofiane Pamart ! Depuis son premier entretien avec TF1info au printemps 2020, le natif de Villeneuve-d’Ascq (Nord) a non seulement relevé le défi de devenir le pianiste du rap français, mais bien au-delà un musicien qui inspire et qui enchante par-delà les chapelles musicales, qu’il se produise à l’Opéra Garnier ou sur le plateau de la « Star Academy » sur TF1.
Dans le sillage de la sortie de son dernier album, Movie
, sur lequel il convie des voix internationales comme Sia, Wyclef Jean, Melody Gardot, Christine and the Queens ou encore Nelly Furtado, il est venu enchanter les spectateurs de la cérémonie d’ouverture du 52ᵉ Festival du cinéma américain de Deauville ce week-end. L’occasion de l’interroger sur ses envies de septième art et son prochain grand rendez-vous : le Stade de France, le 17 avril 2027.
Votre dernier album, Movie
, sonne comme la BO d’un film imaginaire. Mais concrètement, quelle place occupe le cinéma dans votre vie ?
Le cinéma était très présent au début de ma vie, quand j’avais besoin de m’évader et d’aller chercher ailleurs de quoi nourrir ma curiosité. J’ai l’impression que quand on va se réfugier dans une œuvre, que ce soit un film ou un livre, on fait rentrer dans sa vie de nouveaux personnages, de nouveaux décors, même quand on n’a pas la chance de rencontrer ce genre de personnes ou de découvrir ce genre de lieu. Et j’ai pris l’habitude d’aller chercher dans le cinéma tout ce que je n’arrivais pas à avoir à portée de main. Ça m’a amené jusqu’à Movie
où, cette fois-ci, ma vie a commencé et a fini par ressembler à ces films que je regardais. Et je me suis dit que je pourrais le raconter dans un album.
Pouvez-vous me citer trois films dont vous auriez aimé écrire la BO ?
Je commencerais par un film de Tim Burton, ça pourrait être L’étrange Noël de Mister Jack
. J’aurais bien aimé aussi composer la BO de In the Mood for Love
de Wong Kar-wai. Et enfin je dirais le thème principal de Harry Potter
que j’adore. J’aurais kiffé en être le compositeur parce qu’il parvient à capturer l’ADN de l’univers du film en simplement quelques notes.
Est-ce qu’on vous propose des projets au cinéma ?
J’ai de grandes envies de cinéma, mais je n’ai pas encore trouvé mon binôme réalisateur avec lequel je vais pouvoir vivre de longues décennies et composer de grandes œuvres. Pour l’instant, je suis très pointilleux avec les propositions qu’on me fait. Et surtout, j’ai été au bout de l’idée de faire un album pensé comme un film dans lequel j’ai pu prendre toutes les décisions. Ce qui n’est pas le cas normalement d’un compositeur. Mais sur Movie, j’ai pu être à la fois le compositeur et le réalisateur.
J’ai envie de mélanger la culture de l’excellence avec une culture très populaire
J’ai envie de mélanger la culture de l’excellence avec une culture très populaire
Vous êtes vraiment sûr de vouloir faire la B.O. pour quelqu’un ? Vous êtes tellement libre avec votre musique !
C’est vrai ce que vous dites. Mais en même temps, je trouve que c’est aussi très noble et très intéressant de mettre ce qu’on sait faire au service de l’œuvre d’un autre, ou bien d’une œuvre commune. On verra bien. Il y a des discussions, mais rien d’assez concret au point de l’annoncer.
« Movie », si c’était un film, vous aimeriez qu’il soit réalisé par qui ?
J’en ai plusieurs qui me viennent en tête et ça donne des films complètement différents. Si Tarantino s’appropriait Movie
, il apporterait quelque chose de cool avec un humour qui n’appartient qu’à lui et une manière de revisiter les scènes, peut-être même à contre-courant de la manière dont je les ai pensées. Dans un autre registre, des gens comme Takeshi Kitano ou Wong Kar-wai iraient beaucoup plus dans la direction très contemplative de Movie
.
Votre prochain défi, c’est le Stade de France. Ça sera votre version du blockbuster ?
Mon grand défi, c’est de faire quelque chose d’aussi élégant que les concerts que j’ai pu donner dans les philharmonies ou à l’Opéra Garnier, mais à l’échelle monumentale que représente le Stade de France. J’ai l’impression que je suis le pianiste qui peut relever ce défi-là. Avoir un son exquis, même dans un grand stadium. J’ai envie de mélanger la culture de l’excellence avec une culture très populaire.
Ce sera un show avec du cinéma, différentes formes d’art ?
Disons que ça va être un spectacle interdisciplinaire. Je vous invite à suivre les lettres que je vais poster à l’adresse pianoscenes.com. Je vais vous faire rentrer dans les coulisses et vous montrer à quoi ressemble le quotidien d’un artiste qui se prépare à remplir le Stade de France.

