Maître des chasseurs Rafale, le français Dassault a dévoilé le Falcon 10X, son dernier jet privé, plus rare et plus cher que ses concurrents nord-américains, mais attendu pour ses performances issues de technologies militaires dans un marché en croissance.
Dans un hangar, devant un parterre de 400 personnes, l’avion est apparu dans une ambiance boîte de nuit avec sons et lumières en présence des équipes qui l’ont conçu, heureuses et émues.
Cet ultra long-courrier qualifié de « bureau volant » par le PDG de Dassault, pouvant voler 14.000 km, soit un Paris-Pékin ou un New York-Shanghai sans escale, est sorti de l’usine à Mérignac, près de Bordeaux.
Il doit désormais entamer ses essais en vol, puis la certification. Les premières livraisons, « 2 à 3 ans après le début des essais en vol », n’auront lieu qu' »à la fin de la décennie », a déclaré à la presse le PDG de Dassault Eric Trappier qui voyage à bord de 8X, son prédécesseur.
La portée du 10X atteint 14.000 km contre 12.000 pour le 8X, afin d’approcher celle des G700 et G800 de l’américain Gulfstream ou Global7500 et Global8000 du canadien Bombardier, lesquels peuvent voler en autonomie jusqu’à 14.800 km.
Avec un prix catalogue supérieur à 80 millions de dollars, revu à la hausse après le Covid, le Falcon est au-dessus des jets américains et canadiens, produits à grande échelle et sur plusieurs segments, tandis que Dassault joue sur le très haut de gamme.
En 2025, Gulfstream et Bombardier ont livré chacun plus de 150 jets contre seulement 37 Falcon pour Dassault, seul constructeur de jets long-courrier européen.
– Sécurité et maniabilité –
« Les acheteurs accordent une très grande importance aux performances. Ils placent le coût au deuxième rang », souligne le spécialiste américain de l’avionique Honeywell Global, dans sa récente note sur l’aviation d’affaires.
Outre le confort en cabine, le principal atout de Dassault réside dans son système de commandes de vol, issu du même bureau d’étude que celui des Rafale, et reconnu comme un pilier de la sécurité des appareils.
« Souvent, les pilotes influencent le patron sur l’achat des avions. Et dans l’aviation d’affaires, il y a des pilotes qui viennent de l’armée », explique à l’AFP Didier Bréchemier du cabinet de conseil Roland Berger.
Autre point fort: les avions de Dassault sont plus petits et maniables et peuvent atterrir sur tous terrains.
Fondé en 1916, Dassaut Aviation s’est lancé dans les jets dans les années 60 à l’époque où l’aviation d’affaires a commencé à émerger aux Etats-Unis.











