Donald Trump a ordonné à son ministre de l’Intérieur d’engager la procédure visant à lever les mesures de protection dont bénéficient le loup gris et le loup mexicain aux États-Unis, « s’immisçant à nouveau dans un conflit de longue date entre défenseurs de la nature et éleveurs, qui considèrent que ces prédateurs menacent leur activité », rapporte The Washington Post.
Le ministère a 90 jours pour déterminer si le loup peut être retiré de la liste des espèces protégées, où il figure depuis 1967. Le président américain a également ordonné à son administration de « faciliter l’abattage des loups par les éleveurs lorsque cela s’avère nécessaire », précise le quotidien de la capitale.
Selon le Wolf Conservation Center, une organisation qui surveille la population de loups aux États-Unis, il y avait 7 600 loups gris et 317 loups mexicains dans le pays en 2025 (hors Alaska et Hawaii). On estime que leur population atteignait 250 000 spécimens avant l’arrivée des colons européens sur le continent.
Ces mesures anti loups, réclamées de longue date par des élus républicains des États de l’Ouest américain, suscitent l’opposition farouche des associations de défense des animaux et ont toutes les chances de finir devant les tribunaux.
Leurs détracteurs y voient surtout une façon pour la Maison-Blanche de s’attirer les bonnes grâces des éleveurs, qui acceptent mal « la décision controversée » de l’administration Trump, fin août, de suspendre pour 90 jours les droits de douane sur les produits bovins importés, pour faire baisser les prix de la viande dans les supermarchés américains, note The Hill.
« Les loups gris ne devraient pas avoir à payer les pots cassés d’une administration dont les politiques douanières inconsidérées ont rendu la vie inutilement difficile aux éleveurs américains », a déclaré au site Sara Amundson, présidente du Humane World Action Fund, une organisation qui défend la protection des loups.
Ce n’est pas la première fois que les loups sont dans le viseur de Donald Trump, rappelle USA Today : en 2020, durant son premier mandat, il avait « levé les protections fédérales dont bénéficiaient les loups gris dans la majeure partie » du pays. Mais un juge fédéral avait rétabli ces protections en 2022, à la demande d’organisations de défense de la faune.
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