- À Saint-Aubin (Pas-de-Calais), petit village de 300 habitants, la colère monte contre un projet d’installation de bâtiments d’élevage de poulets.
- Un collectif s’est monté pour empêcher la construction, alors que le permis de construire est déjà validé par l’État.
- Regardez ce reportage sur place du JT de TF1.
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Le 13H
À Saint-Aubin (Pas-de-Calais), la tension est telle que même l’équipe de journalistes du 13H de TF1, dépêchés sur place dans le cadre du reportage visible en tête de cet article, en a fait les frais : une femme a tenté de les agresser en forçant l’ouverture d’une portière de la voiture les transportant. C’est, du reste, tout ce petit village de 300 habitants qui boue de colère parce que deux bâtiments de 400 mètres carrés doivent prochainement se dresser dans un champ en face des habitations, pour abriter un poulailler de 8.000 volailles. « Il faut être une ordure pour faire un projet pareil. La plupart des gens sont venus me voir, puis ils foutent le feu »
, menace, sous couvert d’anonymat, un membre échaudé du collectif créé afin d’empêcher sa construction.

Problème : le permis de construire a déjà été validé par l’État, tandis que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a publiquement pris position en faveur du projet, qu’elle n’estime pas assimilable à de l’élevage intensif, avec des volailles en surnombre entassées les unes sur les autres. La ministre est même allée jusqu’à lancer cette pique à l’adresse des riverains mécontents : « La caricature et l’individualisme deviennent les meilleurs alliés de notre dépendance alimentaire. »
Une petite phrase que Philippe, qui vit juste en face du futur emplacement, n’a pas appréciée : « Je ne sais pas où habite cette dame, avec tout le respect que je lui dois, mais si elle avait ce genre d’installation devant sa maison, je ne sais pas si elle serait contente. »
La caricature et l’individualisme deviennent les meilleurs alliés de notre dépendance alimentaire. Un poulailler label rouge de 8 000 volailles élevées en plein air n’a rien d’un élevage industriel intensif. Ces caricatures sont insupportables et dégradantes pour nos éleveurs.… https://t.co/jm0chzfZkN — Annie Genevard (@AnnieGenevard) May 4, 2026
Le retraité se dit cependant ouvert au compromis, « pour trouver une solution amiable »
et « aider cet agriculteur à trouver un terrain un peu plus éloigné, derrière les maisons »
. Un terrain d’entente. Mais, alors que ces poulets doivent être élevés en plein air, sous des arbres, avec de l’espace, le monde agricole peine à comprendre l’opposition presque permanente des riverains à chaque nouveau projet. « On a besoin de volailles
, plaide un éleveur. En France, un poulet sur deux est importé. Là, ce seraient des produits de qualité. Il y a encore un problème actuellement avec des poulets qui viennent du Brésil et contiennent de la salmonelle… Les gens veulent de la qualité, ils veulent des bons produits, mais ils ne les veulent pas devant chez eux. C’est désolant. »
À titre de comparaison, la taille moyenne d’un élevage de volailles de chair en France est de 40.000 poules.











