« Celle-là, je ne peux pas me la voir. » A la tribune de son meeting, mi-février, Sébastien Delogu, candidat La France insoumise (LFI) à la mairie de Marseille, laisse déborder son inimitié pour Samia Ghali. Le député fait siffler l’ex-sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône, qui a remporté le 8e secteur lors des trois élections municipales précédentes, et conduit désormais la liste Printemps marseillais dans cette partie du nord de la ville.
« Samia Ghali, vingt-cinq ans de mandats, vingt-cinq ans de perdus pour nos quartiers et nos familles », cingle-t-il. « Amie du CRIF [Conseil représentatif des institutions juives de France], amie à Macron, elle vit de l’argent public, s’est distinguée en appelant l’armée dans nos quartiers comme si notre territoire était une colonie étrangère. Pas besoin de la salir, elle le fait très bien toute seule », fustige Sébastien Delogu, appelant les électeurs à « faire tomber ce système corrompu ». L’attaque, violente, se veut une riposte à l’ex-sénatrice qui, quelques jours plus tôt, dans une interview au média en ligne IlsfontMarseille.com, a accusé le député de mentir sur les origines de son grand-père pour mieux séduire l’électorat issu de l’immigration : « Il dit qu’il est né en Algérie. Oui, mais c’était un colon. Pourquoi toute cette comédie ? »
La réforme de la loi électorale ne rend plus la victoire dans les secteurs essentielle pour conquérir Marseille. Mais, pour Sébastien Delogu comme pour Samia Ghali, ces 15e et 16e arrondissements et leurs 90 000 habitants constituent un enjeu primordial. Depuis 2008, l’élue, 57 ans, tire sa légitimité politique de ses succès dans ce territoire où elle a grandi. Le dernier, en 2020, lui a permis d’imposer au Printemps marseillais un accord avantageux.
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