L’Iran est en train de concrétiser son projet d’accroître le nombre d’habitants [iraniens] sur les îles du détroit stratégique d’Ormuz, un archipel également revendiqué par les Émirats arabes unis (EAU). Le pouvoir iranien envisage depuis des mois d’étoffer la population iranienne à Abou Moussa, la Petite Tomb et la Grande Tomb, qui sont l’enjeu d’une querelle territoriale depuis des décennies avec son voisin méridional, les EAU.
Les îles du détroit d’Ormuz revendiquées par l’Iran et les Émirats arabes unis. COURRIER INTERNATIONAL
300 m2 de terrain seraient ainsi alloués aux Iraniens qui envisagent de s’installer dans l’archipel. Ces derniers bénéficieront également de prêts attractifs pour y construire une maison, dans le cadre du programme national d’accession à la propriété. Les insulaires seraient en outre exemptés d’une clause en vigueur dans le reste du pays qui pose comme conditions aux demandeurs de prêts de ne pas avoir bénéficié d’un logement social et d’avoir une autre maison à leur nom.
Autre attrait pour les Iraniens : outre la gratuité du terrain, un décret adopté début août dispense de service militaire un membre du foyer si la famille s’engage à vivre sur l’une de ces îles pendant douze ans.
Un ordre donné par Khamenei
Abou Moussa, qui est la plus grande de l’archipel, s’étend sur une superficie de 25 km2. Selon les médias locaux, 520 000 lots y seraient à saisir. Si l’on considère qu’une famille iranienne a en moyenne 3,3 enfants, la population de l’île pourrait atteindre 1,7 million de personnes, soit bien plus que les quelques milliers d’habitants qui y vivent actuellement.
Abou Moussa est situé à environ 75 kilomètres des côtes iraniennes, et avec les autres îles avoisinantes, elle est considérée comme un élément indispensable de la politique de défense maritime du pays sur le détroit d’Ormuz, très fréquenté par des pétroliers et des navires de guerre.
Les Gardiens de la révolution et l’armée iranienne occupent déjà des bases sur Abou Moussa et les autres îles mais, en l’absence d’informations officielles, il est difficile de connaître l’ampleur de cette présence militaire.
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