Au rendez-vous qu’il a fini par accepter dans un café parisien, Julien Bayou arrive tendu et virulent. Agacé que l’on revienne sur l’affaire dans laquelle il a été empêtré pendant trois ans, il se montre en même temps désireux de faire valoir sa vérité, une fois pour toutes. « Comment allez-vous me présenter ?, interroge l’ancien secrétaire national du parti Europe Ecologie-Les Verts (EELV), devenu Les Ecologistes en 2024. Présumé innocent ? Je ne suis plus accusé de rien. Ou innocenté ? Ce serait le bon terme. »
Le 30 janvier 2025, l’ancien député de Paris bénéficiait d’un classement sans suite, pour absence d’infraction, dans la procédure judiciaire ouverte après les accusations de son ex-compagne entre 2018 et 2021, Anaïs Leleux. Le 4 mars 2024, cette dernière avait déposé plainte contre Julien Bayou pour « abus frauduleux d’état de faiblesse », résultat, selon elle, d’une relation émaillée de violences psychologiques. Des faits considérés comme non caractérisés par le parquet de Paris, après enquête de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
Fin de l’histoire ? Pas tout à fait. Cette conclusion judiciaire n’a pas mis un terme réel à « l’affaire Julien Bayou ». Reconverti en avocat, le principal intéressé est amer : le parti, qu’il a dirigé de 2019 à 2022, n’a jamais posé sur son cas le mot – « innocent » – qu’il attendait. « Nous constatons qu’à l’issue de l’enquête, le procureur de la République n’impute à Julien Bayou aucune infraction », s’était contenté d’observer, le 22 février 2025, le bureau exécutif des Ecologistes. Quatre mois plus tôt, la même instance n’avait prononcé aucune sanction contre lui, sur la base d’un audit interne confié au cabinet d’avocats spécialisés Pisan.
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