- Conséquence de la guerre au Moyen-Orient, la crise du pétrole touche l’économie mondiale.
- Ce lundi, Emmanuel Macron a affirmé que « le recours aux réserves stratégiques est une option envisagée » face à la hausse du prix des carburants.
- En quoi consistent-elles ? Quels sont les stocks de la France ?
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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase
Le baril de pétrole a dépassé les 100 dollars ce lundi 9 mars, flambant de 30% en quelques heures. Plus d’une semaine après le début des frappes israélo-américaines sur l’Iran, dont la riposte a embrasé tout le Moyen-Orient, le cours de l’or noir s’envole et se répercute sur l’économie mondiale, en raison notamment du blocage de facto du détroit d’Ormuz. Ce matin, le président français a affirmé devant les journalistes que « le recours aux réserves stratégiques est une option envisagée »
pour tenter d’atténuer la hausse du prix des carburants dans les stations-service.
« Une coordination des chefs d’État et de gouvernement du G7 cette semaine sur la question de l’énergie est à l’étude »
, a également déclaré Emmanuel Macron, en route pour Chypre ce lundi. Une réunion des sept pays a lieu à la mi-journée pour aborder , a ensuite précisé le ministère de l’Économie et des Finances. « On va échanger, on va écouter ce qui remonte du terrain, des entreprises, des économistes dans ces différentes zones du monde »
, a pour sa part indiqué le locataire de Bercy, Roland Lescure, afin d’« évaluer éventuellement les réponses nécessaires »
à la guerre au Moyen-Orient. Un possible recours coordonné aux réserves pétrolières stratégiques respectives doit être abordé, selon le quotidien britannique Financial Times
.
L’obligation de détenir des stocks de pétrole équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes de pétrole
L’obligation de détenir des stocks de pétrole équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes de pétrole
L’Agence internationale de l’énergie
Créée en 1974 à la suite du premier choc pétrolier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) impose à ses membres de détenir en permanence des stocks de pétrole pour « atténuer les impacts économiques négatifs »
de pénuries ou de perturbations de l’approvisionnement.
Chaque membre a « l’obligation de détenir des stocks de pétrole équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes de pétrole »
, mobilisables en cas de crise. Cela « peut inclure des stocks détenus exclusivement pour les situations d’urgence ainsi que des stocks détenus à des fins commerciales »
, que ce soit du pétrole brut ou des produits raffinés, précise l’AIE. Elle tolère aussi « des stocks conservés dans d’autres pays »
via des accords bilatéraux.
118 jours de stocks en France
La France détient au total l’équivalent de 118 jours d’importations nettes, selon Bercy. Le gouvernement a en outre martelé qu’il n’y avait pas de risque de pénurie à ce stade, bien que les importations représentent 99 % de la consommation nationale.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a répété depuis une semaine que « 2026 n’est pas 2022 »
, année qui a vu le démarrage d’une période inflationniste liée à la guerre en Ukraine. Il a appelé à ne pas réagir trop vite, jugeant que la hausse des prix des hydrocarbures « pourrait être temporaire »
.
L’AIE se veut rassurante
L’AIE, qui peut décider d’une action collective, se veut également rassurante. « Il y a beaucoup de pétrole sur le marché »
et « aucune action collective »
n’est prévue, même si « toutes les options »
sont envisagées, a assuré vendredi son directeur exécutif Fatih Birol. Le marché mondial du pétrole est en surplus depuis le début de l’année 2025 – les stocks mondiaux observés atteignant plus de 8,2 milliards de barils -, ce qui constitue un « important coussin de sécurité face à d’éventuelles perturbations », selon l’agence. Quant aux membres de l’AIE, ils détiennent « plus de 1,2 milliard de barils de stocks publics d’urgence »
, ainsi qu’« environ 600 millions de barils supplémentaires de stocks détenus par l’industrie sous obligation gouvernementale »
.
Si les pays du G7 décident d’utiliser une partie de leurs réserves stratégiques, le Financial Times évoque « une libération conjointe comprise entre 300 et 400 millions de barils, soit environ 25% à 30% des 1,2 milliard de barils détenus en réserve »
, souligne Lee Hardman, analyste de MUFG. « Le détroit d’Ormuz transporte normalement entre 17 et 20 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés. Ainsi, une libération des réserves stratégiques compenserait environ deux à trois semaines de flux normaux transitant par le détroit d’Ormuz s’il reste effectivement fermé »
, explique le spécialiste.











