- Lorsque la mérule s’attaque à une maison, c’est toujours un cauchemar pour les propriétaires.
- Il y a quelques mois, ce champignon a même envahi un château du XIIe siècle.
- Regardez ce reportage du JT de TF1 en Bretagne, une des régions les plus touchées.
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Le 13H
Dans sa maison calfeutrée de Châtelaudren-Plouagat (Côtes-d’Armor), presque détruite, comme le montre le reportage du 13H de TF1 à retrouver dans la vidéo en tête de cet article, le propriétaire peine à trouver le sommeil. Après une infiltration d’eau, il a aperçu une forme étrange émerger sur le bois de son escalier, puis ailleurs : « Je me suis rendu compte qu’il y avait des espèces de parties charnues qui sortaient d’entre les marches, là, juste au-dessus
, montre-t-il à notre caméra. Ce sont des champignons. »
Cette odeur caractéristique, c’est celle de la mérule, aussi appelée « la lèpre des maisons », parce qu’elle ravage les bâtisses, surtout les plus anciennes, comme cette maison centenaire, en grignotant tout le bois, jusque dans les murs, à grande vitesse.
« Si tous les paramètres sont réunis, c’est-à-dire un bois humide, confiné, pas aéré, il y a un champignon qui va se développer. Et après, ce champignon-là, il se nourrit des particules de bois, et il se développe, il se développe encore »
, explique Erwan Connan, applicateur de traitement fongicide pour la société Bretagne Traitement, en plein travail le jour de notre tournage. L’occasion de voir de très près comment s’y prendre pour stopper l’avancée de la mérule, sans fragiliser la structure.
Première consigne : essayer d’agir le plus vite possible, pour limiter les dégâts. La cloison touchée doit d’abord être entièrement détruite, avant que les pierres soient brossées, puis passées à la flamme, « pour cramer tout ce qui reste en surface »
, précise le technicien, en joignant le geste à la parole. Et pour la dernière étape, équipement obligatoire. « Le produit que je mets va éradiquer en profondeur dans le mur »
, indique Erwan Connan derrière son masque à gaz, surplombant une combinaison blanche. Ici, les travaux pourraient durer plusieurs mois et s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Comme toujours, mieux vaut toutefois prévenir que guérir. Et pour détecter la présence de la mérule, plusieurs signaux peuvent vous alerter : « Infiltration ou fuite de douche, de sanitaires, etc. Regardez bien les plinthes, les parquets, les solives, pour voir si ce n’est pas un peu gondolé et attaqué »
, préconise Blandine Le Jeune, responsable d’agence de Bretagne Traitement.
Avec son climat humide et ses vieilles bâtisses, la Bretagne fait partie des régions les plus touchées. Il y a quelques mois, la mérule y a même envahi un monument historique, le château de Combourg, datant du XIIe siècle. « On ne se rendait pas compte à quel point elle avait attaqué les poutres maîtresses. On pouvait entrer nos doigts dans le bois »
, indique le propriétaire, Guy de la Tour du Pin. Le coût de la rénovation, ici, se chiffre en millions d’euros. « Jusqu’à présent, on avait financé les travaux personnellement, avec l’aide de la DRAC (Direction régionale des Affaires culturelles, ndlr)
, reprend-il. Mais devant l’ampleur de la tâche, on ne peut plus y arriver. On est obligés de trouver d’autres moyens, à travers l’appel aux dons. »
En France, dans les zones classées à risque, tout traitement contre la mérule doit, au préalable, faire l’objet d’une déclaration en mairie.




