Avec notre correspondant à Abidjan, Abdoul Aziz Diallo
L’affaire remonte à mars 2019 en Côte d’Ivoire. Affoué Félicité Kouamé est condamnée en première instance à 20 ans de prison pour « faux et usage de faux ». La justice lui reproche d’avoir escroqué plus de 90 millions de francs CFA (environ 137 000 euros) en promettant à plusieurs personnes des recrutements dans la fonction publique.
Dès le lendemain du verdict, elle interjette appel. Mais depuis, le dossier reste au point mort. Jusqu’à ce que l’affaire refasse surface récemment sur les réseaux sociaux. Le ministère de la Justice se saisi du dossier et évoque un « dysfonctionnement ». Pour Maître Youssouf Méîté, avocat de la défense, cette détention prolongée est tout simplement inacceptable.
« Au-delà de trois ans, la cour de la Cédéao considère que le délai n’est pas raisonnable et c’est contraire aux droits humains. Si sa cause avait été examinée, puisque nous estimons la peine disproportionnée, sans doute cette fille ne serait pas aujourd’hui en détention. Mais c’est par la faute de l’administration judiciaire, son ineptie que nous sommes dans cette situation ».
L’Assemblée nationale vient d’adopter un projet de loi créant un Observatoire national de la détention. Un outil qui pourrait permettre d’éviter que ce type de situation ne se reproduise, estime le président par intérim du Mouvement ivoirien des droits humains, Maître Brahima Coulibaly.
« Cet observatoire là, qui dans ses attributions pourra avoir accès à tous les lieux de détention, et puis examiner la situation des détenus, voir si les délais de détention sont respectés ».
À la demande du parquet général, la cour a renvoyé le dossier au 6 mai prochain pour la tenue du procès en appel.
À lire aussiCôte d’Ivoire: les 7 ans de détention préventive d’une femme relancent le débat sur les difficultés de la justice











