- Des résidences secondaires en Bretagne sont régulièrement ciblées par des tags ces derniers temps.
- Les dégradations sont l’œuvre d’un collectif qui dénonce le nombre de résidences secondaires dans un secteur où le marché immobilier est tendu.
- Des incivilités qui ont augmenté au cours de l’été, avec la fréquentation touristique.
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Une maison verte barrée d’une croix jaune, un symbole qui a récemment fait son apparition sur les murs de plusieurs maisons en Bretagne. Le mois dernier, une quinzaine de résidences secondaires du littoral sud du Finistère ont même été visées en une seule nuit. Au pied de chaque tag se trouvait un texte, dont le titre, « Se loger ne devrait pas être un luxe »
, donne des indices sur les auteurs de ces inscriptions.
Les maisons taguées et la lettre sont l’œuvre d’un collectif d’habitants des alentours, qui dénoncent le nombre de résidences secondaires, notamment sur la presqu’île de l’Île-Tudy, où sept maisons sur dix sont des résidences secondaires. « Les portes marquées sont celles de maisons dont l’unique vocation est de rapporter de l’argent (…) et qui pourraient devenir des habitations à l’année »
, explique la lettre.
Le maire de l’Île-Tudy se dit scandalisé par de telles actions : « Je trouve que c’est assez nauséabond, contre-productif et surtout stigmatisant »
, déclare l’élu, Éric Jousseaume, au micro de TF1.
Le propriétaire de l’une des maisons, qui vit en région parisienne, se dit quant à lui « en colère »
. D’autant que sa résidence, certes secondaire, n’est selon lui pas une habitation touristique : « Je ne suis pas un investisseur immobilier, je ne suis pas là pour faire du business. On est là parce que la maison s’est retrouvée dans la famille. J’ai des souvenirs là-bas, j’ai grandi là-bas »
, explique-t-il. Il estime que « s’en prendre à des particuliers, ce n’est pas forcément la bonne méthode »
.
C’est très injuste pour les locaux qui ne trouvent rien pour se loger
C’est très injuste pour les locaux qui ne trouvent rien pour se loger
Une internaute
Pourtant, sur les réseaux sociaux, même si l’identité des auteurs des tags reste inconnue, leur cause parle à beaucoup : « Autour de chez moi, trois maisons sont occupées seulement trois semaines en août. C’est très injuste pour les locaux qui ne trouvent rien pour se loger »
, écrit une internaute.
Benjamin et Florent, deux locaux rencontrés par TF1, aimeraient un jour acheter un bien sur le littoral, mais voient peu à peu leur rêve s’éloigner, car la proportion des résidences secondaires dans le secteur augmente deux fois plus vite que celle des résidences principales. « Il y a beaucoup de demandes, donc les prix augmentent. Et pour nous, après, en tant que jeunes, si on veut trouver un logement dans ces zones-là, c’est plus difficile »
, déplorent-ils.
En cinq ans, le prix de l’immobilier a grimpé dans la région : jusqu’à 6.200 euros du mètre carré pour des biens situés à quelques pas de la mer. Sur le littoral sud du Finistère, le nombre de résidences secondaires a largement augmenté en six ans : +19% à Plobannalec-Lesconil, +13% à Combrit, et même jusqu’à +25% à Pont-L’Abbé.
Un discours anti-touriste
Avec cette hausse vient alors un discours anti-touriste de plus en plus fréquent. Cet été, les gendarmes ont constaté davantage de tags dans la région, avec plusieurs départements touchés par ces tags anti-touristes et anti-résidences secondaires. À Plobannalec-Lesconil, ce sont même des voitures qui ont été ciblées. Les mots « Non aux Parisiens »
ont notamment été rayés sur la carrosserie de véhicules.
« Avec le nombre croissant de vacanciers, il y a eu des tags sur les voitures. (…) Ce qui a beaucoup choqué. On sent une tension, parce que pendant les vacances (il y a) plus de monde, plus d’incivilités »
, explique une habitante à TF1.
Mais pour les commerçants, difficile de se passer de ces résidences secondaires, synonymes de fréquentation touristique en hausse l’été. « On a besoin des touristes et des résidences secondaires, parce que c’est justement ce qui permet aux gens de venir passer des vacances dans le coin »
, souligne Prudence Cahn, responsable du bar « À La Descente des Marins » de Lesconil. « C’est grâce à ça que l’été fait un bon chiffre d’affaires. »
Selon le promoteur immobilier Nexity, les résidences secondaires représentaient 12% de tous les logements en Bretagne en 2024. Dans certaines communes s’applique d’ailleurs une taxe sur les logements vacants, et les communes qui appliquent cette taxe peuvent également voter une majoration de la taxe sur les résidences secondaires.
Toujours selon Nexity, 156 communes bretonnes sont habilitées à appliquer cette surtaxe, notamment pour encourager la mise en location de ces logements à l’année.

