Dans le 11e arrondissement de Paris, la librairie queer et féministe Violette and Co ne laisse plus rien paraître des attaques qu’elle a subies. La vitrine, refaite à neuf, n’est plus barrée de l’inscription « Hamas violeur », faite à l’acide en juillet 2025. Sur les réseaux sociaux, les mots de soutien de clients fidèles ont remplacé les injures lesbophobes et les menaces d’agression physique.
Mercredi 7 janvier, cinq policiers ont débarqué devant la librairie à l’ouverture, accompagnés d’un procureur pour perquisitionner le lieu. « Pendant quarante-cinq minutes, ils ont fouillé toute la librairie, jusqu’à la salle de pause et la réserve, ont ouvert une trentaine de cartons, contrôlé les livres un par un », raconte Lu, la gérante (qui n’a pas souhaité donner son nom).
L’objet de cette fouille ? Un livre de coloriage pour enfants de l’auteur sud-africain Nathi Ngubane, édité en Afrique du Sud par la maison d’édition Social Bandit Media, en partenariat avec l’organisation non gouvernementale (ONG) britannique Friends of Al-Aqsa. Le titre de ce livre, From the River to the Sea (« Du fleuve [Jourdain] à la mer [Méditerranée] »), fait référence à un slogan aux sens multiples, scandé contre Israël dans les manifestations propalestiniennes et qui est né dans les années 1960 des revendications de l’Organisation de libération de la Palestine, avant d’être repris par l’organisation terroriste Hamas.
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