Avec notre correspondant à Moroni, Abdallah Mzembaba
Formée au Sénégal, Binti Mhadjou rejoint l’ORTC en 2015. Présentatrice du journal télévisé, elle devient rapidement directrice de l’information puis rédactrice en chef, l’une des plus jeunes responsables éditoriales de la télévision publique.
En 2020, sa suspension, dénoncée par Reporters sans frontières, met en lumière les tensions autour de l’indépendance éditoriale. Elle défendait une ligne ouverte à toutes les sensibilités politiques, un positionnement qui lui a valu pressions, critiques et sanctions.
Pour la journaliste Faïza Soulé Youssouf, elle laisse un héritage fort : « Beaucoup de filles, beaucoup de femmes voyaient en elle un modèle. Quand ça n’allait pas dans le bon sens, elle pouvait dire stop et démissionner. Donc, oui, c’est cet héritage-là qu’elle va laisser auprès des jeunes générations et c’est le souvenir impérissable d’une femme journaliste convaincue et solidaire dans la profession ».
Binti Mhadjou, une journaliste « qui sortait du lot »
Au Conseil national de la presse et de l’audiovisuel, Mariata Moussa, conseillère, rappelle son exigence professionnelle : « En sa qualité de journaliste de la jeune génération, elle ressortait du lot. Elle était le genre de personne qui avait bien compris qu’en tant que journaliste on n’est pas payé pour plaire, mais on est payé pour passer une information. Sa disparition tragique et brutale laisse un grand vide dans la profession ».
En 2024, Binti Mhadjou rejoint le ministère des Affaires étrangères comme attachée de presse, puis conseillère politique. Dans son communiqué, le ministère salue « son exigence, sa rigueur et son sens élevé du service public ». Elle sera inhumée samedi 28 février à Herumbili, son village natal.











