Le mois le plus long. Depuis le Nouvel an, Valentino Giola dit avoir « l’impression qu’une vie entière s’est écoulée ». Le soir du 31 janvier, son fils, Giuseppe, 16 ans, se rend au bar Le Constellation à Crans-Montana, célébrer la Saint-Sylvestre. Entouré de 25 de ses amis, l’adolescent réchappe miraculeusement à l’incendie qui fait 40 morts et 116 blessés.
Sur notre antenne, son père, témoigne d’une « expérience dramatique très forte » que lui et sa famille, porteront « toute (leur) vie ». Depuis l’incendie, c’est « comme si le temps s’était arrêté définitivement », ajoute Valentino, alors qu’une marche silencieuse s’est tenue samedi en Suisse en hommage aux victimes.
Malgré les difficultés, l’Italien se montre combattif face à ce traumatisme que sa famille devra « affronter » et « surpasser ».
L’un des premiers à appeler les secours
Cette nuit-là, Giuseppe et ses amis célèbrent la saint-Sylvestre au Constellation. Vers 1h26 du matin, la mousse acoustique du plafond du sous-sol s’enflamme, le feu se propage très rapidement.
Blessé, l’adolescent parvient à sortir du brasier. Il est l’un des premiers à appeler les secours. Hospitalisé dans la foulée, le jeune homme est désormais tiré d’affaire et vient de rentrer chez lui.
Comme beaucoup d’autres victimes et proches de victimes, Valentino Giola se montre critique concernant l’enquête menée par les autorités suisses. Selon lui, Jessica et Jacques Moretti, propriétaires du Constellation, « ne peuvent pas être tenus pour seuls responsables », de l’incendie.
C’est « surréaliste »
Valentino Giola estime que l’enquête devrait davantage se pencher sur les obligations de contrôle de la ville vis-à-vis de la station de ski suisse. « La police n’est pas allée à la mairie vérifier quelle pouvait être la documentation sur la sécurité des locaux », déplore-t-il. Et « hormis deux personnes de la sécurité, aucune autre personne de la mairie n’est inquiétée. » C’est « surréaliste », lâche Valentino.
L’enquête devra lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes par les propriétaires et les différentes responsabilités, alors que la commune de Crans-Montana a notamment reconnu ne pas avoir effectué de contrôles sécurité et incendie dans l’établissement depuis 2019.
En tant que propriétaires de l’établissement, Jacques et Jessica Moretti, font l’objet d’une instruction pénale pour « homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence ».
Jacques Moretti a été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23, après le paiement d’une caution, et placé comme son épouse sous mesures de contrainte.
À ce jour, un ancien chargé de sécurité de la mairie et son successeur, ont eux aussi été mis en cause et seront entendus respectivement les 9 et 6 février.
Article original publié sur BFMTV.com













