C’était en novembre 2025 à San Francisco, en Californie : une voiture autonome Waymo avait écrasé un chat dans le quartier de Mission, et toute la ville s’en était émue. Babak Hodjat, chef de la recherche en intelligence artificielle (IA) de Cognizant, firme de consulting de 350 000 personnes valant 40 milliards de dollars (33,5 milliards d’euros) en Bourse et ayant une forte implantation en Inde, nous confronte à cette histoire. « Vous avez écrit dessus, n’est-ce pas ? Pendant ce temps, combien de fois des humains ont-ils été responsables d’accidents mortels ? Les attentes envers l’intelligence artificielle sont très élevées. Waymo est beaucoup plus sûre que les conducteurs humains. Si, en 2025, le nombre de décès de piétons à San Francisco a diminué de moitié, je pense que c’est dû en grande partie à Waymo. »
L’IA suscite les mises en garde légitimes des chercheurs, comme celle du Prix Turing 2019 de l’université de Montréal, Yoshua Bengio, ou celle des « doomers », prophètes de l’apocalypse, tel Nate Soares, chercheur à Berkeley, en Californie. Mais sur le terrain, les sociétés telles que Cognizant, qui cherchent à implanter l’IA au sein des entreprises, avancent. Se déclarant « résolument optimiste », Babak Hodjat, qui nous reçoit dans son laboratoire au 41e étage d’une tour de San Francisco, tempère les dangers de cette technologie. « Des millions d’emplois seront bouleversés, à un rythme beaucoup plus rapide que l’avènement d’Internet ou de l’informatique, car ces innovations se développent à une vitesse fulgurante », estime-t-il.
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