Avec notre correspondante à Jérusalem, Frédérique Misslin
Albane Buriel se déplace doucement car elle a mal, elle montre la très large ecchymose sur son dos. « Je me suis fait frapper par probablement des colons qui ont incendié l’endroit où je me trouvais et qui nous ont frappé d’une vingtaine de coups de barre à mine ».
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Cette chercheuse française, habituée des terrains de conflit est arrivée à Jérusalem il y a une dizaine de jour avec l’association israélienne Torat Tzedek. Elle était volontaire pour protéger les villageois palestiniens. « La présence protectrice vise de manière pacifique à pouvoir protéger les civils », explique-t-elle.
« Ils avaient des barres de fer et ils ont commencé à me jeter des pierres »
Albane est allée dormir samedi dernier dans un village bédouin en Cisjordanie occupée. Vers 21h un villageois la réveille : une vingtaine d’assaillants sont là masqués. « Ils arrivaient à toute vitesse et j’ai vu qu’ils avaient des barres de fer et ils ont commencé à me jeter des pierres. Il y avait une voiture en face de moi, donc je me suis mise à terre et une de ces personnes m’a directement frappé avec une barre métallique très lourde. J’étais seule en fait à ce moment-là. Une autre personne a mis le feu à la voiture contre laquelle j’étais ».
Un autre volontaire américain la rejoint, ils tentent de s’échapper en courant mais les blessures d’Albane sont trop douloureuses. Les attaquants les rattrapent et frappent l’autre volontaire.
« Les coups de barre à mine sur un corps, c’est vraiment horrible. Et ses cris, c’était vraiment… Il s’est fait frapper pareil 15-20 fois. J’ai l’impression que c’est assez maîtrisé pour faire sans donner la mort. Effectivement, cette violence, elle semble systémique », raconte la chercheuse.
Un Palestinien du village est aussi grièvement blessé. Traumatisée Albane a porté plainte en Israël et repris un avion pour la France.
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