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Comment s’assurer que l’intelligence artificielle (IA) ne fragilise pas vos aptitudes intellectuelles-clés, comme votre sens critique et votre mémorisation ? « Des études récentes tendent à montrer que si vous l’utilisez pour vous remplacer entièrement dans certaines tâches, sans collaborer intelligemment avec elle, vous allez clairement vers une perte de compétences », constate Christophe Jeunesse, responsable de l’équipe apprenance, formation et digital au département sciences de l’éducation de l’université Paris-Nanterre.
« Quand on se repose systématiquement sur la traduction automatique, au bout d’un certain temps, on risque de comprendre un peu moins bien l’anglais », illustre-t-il. Pour éviter de régresser, voici quelques règles élémentaires que vous pouvez vous imposer.
Apprendre sans IA
La première recommandation est d’apprendre à limiter l’usage de l’IA quand vous risquez d’y perdre beaucoup à long terme – même quand le temps vous manque, même quand on vous pousse à aller plus vite. C’est surtout le cas en phase d’apprentissage d’une compétence-clé.
L’IA ne pouvant pas apprendre à votre place, le risque est grand, quand vous vous reposez trop sur elle pour acquérir cette aptitude, de ne pas la maîtriser instinctivement, de manquer de recul sur ses limites, et par la suite, de ne pas être capable de guider intelligemment l’IA dans la réalisation de cette tâche. « Certains chercheurs en informatique préconisent d’alterner une semaine avec, puis une semaine sans », note Christophe Jeunesse. « C’est intéressant de se retrouver face à soi-même », ajoute-t-il.
Dans le même registre, retenez-vous d’utiliser l’IA à chaque fois que vous faites face à une tâche intimidante. « L’ancrage de vos compétences et de vos connaissances sera en partie proportionnel à l’effort que vous avez fourni », explique Christophe Jeunesse.
Refaire ses gammes
Quand vous avez acquis une compétence importante et qu’elle devient routinière, vous pouvez la confier à une IA beaucoup plus fréquemment, mais pas tout le temps – particulièrement s’il s’agit d’une aptitude intellectuelle ou créative. En se « déchargeant cognitivement » sur l’IA, « vous risquez de dégrader ces processus intellectuels complexes », selon Christophe Jeunesse.
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