mardi, avril 14

La cour spéciale d’assises des Bouches-du-Rhône a condamné mardi Gabriel Ory, une figure présumée de la DZ Mafia, à 25 ans de réclusion pour avoir aidé à la préparation d’un double assassinat en 2019 et a acquitté Amine Oualane, autre chef désigné de l’organisation criminelle.

Les commanditaires des meurtres Karim Harrat et Walid Bara -ce dernier jugé en son absence – ont été condamnés à 25 ans de prison.

Les exécutants de ce crime commis dans une chambre d’hôtel près de Marseille ont été condamnés à 25 ans de réclusion criminelle pour le tireur Zaineddine Ahamada et 15 années de prison pour son complice Adrien Faure.

Les peines prononcées sont largement inférieures aux réquisitions du ministère public qui avait notamment réclamé la réclusion à perpétuité contre trois des accusés.

Les condamnés ont accueilli le verdict dans le calme depuis leur box surveillés par 15 policiers lourdement armés. Amine Oualane, pour lequel une condamnation à 18 ans de prison avait été requise, a quant à lui esquissé un sourire.

« C’est une victoire de la justice », s’est réjouie son avocate Me Inès Médioune à la sortie de la salle d’audience.

Me Christine d’Arrigo, avocate de Gabriel Ory, a en revanche dénoncé « un verdict politique » envers son client. « La pression médiatique a été plus forte ».

Les faits jugés remontent au 30 août 2019 alors que le groupe criminel DZ Mafia n’était pas encore formé: les corps de deux hommes exécutés par balles avaient été découverts par une femme de ménage dans un hôtel Formule 1 proche de Marseille.

L’un d’eux est Farid Tir, 29 ans, sorti de prison un an plus tôt. Son identité avalise l’hypothèse du règlement de comptes sur fond de rivalités dans le trafic de drogue. La seconde victime, son ami Mohamed Benjaghlouli, qui partageait sa chambre, apparaît comme une victime collatérale.

La particularité de ce dossier, selon le ministère public, « c’est d’avoir levé le voile sur l’invisible », à savoir les donneurs d’ordre, trop souvent absents des tribunaux dans ces affaires de narcotrafic où seules les « petites mains » sont arrêtées.

L’exploitation d’une messagerie cryptée a notamment permis aux enquêteurs de mettre au jour la « mécanique criminelle » de ce règlement de comptes.

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