lundi, juin 22

  • Dix hommes mènent actuellement une étonnante expérience pour le CNES, l’agence spatiale française.
  • Leur mission : rester allongés.
  • Une équipe de TF1 s’est rendue auprès de ces cobayes.

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Le 13H

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Pour regarder la télévision, ils n’ont pas d’autre choix que de lever les yeux vers le plafond. Et pour cause. Dans la clinique spatiale du CHU de Toulouse, ces dix volontaires doivent rester allongés en permanence. Et ne vous y trompez pas, ici, ne rien faire est un travail scientifique très sérieux et loin d’être de tout repos. « C’est une étude que nous menons à la demande du CNES, l’agence spatiale française. On couche des volontaires, la tête un peu plus basse que les pieds. Cette position permet de recréer au sol les effets que les astronautes ressentent quand ils sont dans l’espace », explique la responsable, Marie-Pierre Bareille, dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article.

Voilà ce que cela signifie concrètement : pendant dix jours, il est impossible pour ces cobayes de se redresser, même pour la douche qui se fait dans un brancard. Et le défi se joue aussi dans l’assiette. Ils ne peuvent manger que 250 calories par jour, soit un velouté et un jus de fruits, par exemple. Difficulté supplémentaire, tout passe par une paille pour ne rien renverser. « Au départ, je ne vous mens pas, c’est assez compliqué parce qu’on est à 250 calories dans la journée. Moi je pense qu’habituellement, je mange au moins dix fois plus », souligne face à notre caméra François Xavier, un volontaire. 

On essaye de tester un peu ses limites. Ca fait partie aussi des motivations parce que c’est une expérience tellement unique.

Julien, un volontaire

Pour Claire Laurens, enseignante-chercheuse à l’université de Toulouse, cela permet « d’évaluer ce qu’il se passerait si les astronautes ne pouvaient pas manger de façon normale par rapport aux besoins énergétiques qu’ils ont habituellement, comment leur corps serait capable de s’adapter ». Et comme ils ont peu d’efforts à produire, cette quantité de calories est suffisante. 

Si ces volontaires acceptent de participer à l’expérience, c’est d’abord pour la rémunération, avec 5.000 euros à la clé, mais aussi pour le défi personnel. « On essaye de tester un peu ses limites. Ça fait partie aussi des motivations parce que c’est une expérience tellement unique », assure Julien, un autre volontaire. Pendant toute l’étude, les dix volontaires sont suivis 24 heures sur 24 et enchaînent les examens. Des recherches précieuses pour préparer les futures missions spatiales, car on estime que six mois en apesanteur équivalent à près de 20 ans de vieillissement osseux. 

Ces effets sur l’organisme, Claire Burgain, une volontaire qui avait participé à une opération similaire en 2021, les avait bien constatés. « J’ai grandi de 3 centimètres, puisque quand on n’est pas debout on ne se tasse pas, donc on grandit un peu. Il y a eu une fonte musculaire assez évidente, tous les muscles des cuisses ont quand même vraiment rapetissé. Oui, il y a eu un petit défi physique », admet-elle. 

Un travail de recherche mené dans seulement trois cliniques en Europe, qui permet de comprendre les effets des séjours dans l’espace.

Virginie FAUROUX | Reportage TF1 : Kylian PRÉVOST, Juliette BISIAUX, Marion LARRADET

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