- Les violences se sont multipliées au Mexique depuis l’annonce de la mort d’El Mencho dimanche.
- Tué par l’armée, il dirigeait la plus terrible organisation criminelle du pays, le cartel de Jalisco Nueva Generacion.
- Il y a un an, une équipe de TF1 avait rencontré un trafiquant repenti qui témoignait de la cruauté de ce cartel.
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Le 20H
Des tirs en rafale, parfois pendant des dizaines de secondes, des affrontements à l’arme lourde en pleine rue et des voitures incendiées par dizaines. Ces scènes de guérilla urbaine se sont multipliées dans plusieurs villes du Mexique depuis ce dimanche 22 février et l’annonce de la mort de Nemesio Oseguera, connu sous le surnom d' »El Mencho », à la tête d’un des cartels les plus puissants du pays, celui de Jalisco Nueva Generacion (CJNG) qu’il avait fondé. Il a été abattu lors d’une opération de l’armée mexicaine avec l’aide du renseignement américain.
Le cartel est descendu dans la ville pour bloquer les rues et incendier des épiceries, pour faire un peu une démonstration de force.
Le cartel est descendu dans la ville pour bloquer les rues et incendier des épiceries, pour faire un peu une démonstration de force.
Un ressortissant français
La réponse des narcotrafiquants a été immédiate, semant la panique, notamment dans un aéroport de l’état de Jalisco où des voyageurs ont dû fuir pour éviter des échanges de tirs. Une équipe de TF1 a pu joindre un ressortissant français qui vit dans une autre ville, particulièrement touchée par ces représailles. Il témoigne dans la vidéo du 20H visible en tête de cet article : « Le cartel est descendu dans la ville pour bloquer les rues et incendier des épiceries, pour faire un peu une démonstration de force »
. Depuis dimanche, au moins 250 incidents ont été rapportés, essentiellement dans cinq Etats du centre du pays.
Ils nous envoient combattre la police et pour ça, ils nous droguent avec de la cocaïne et du fentanyl.
Ils nous envoient combattre la police et pour ça, ils nous droguent avec de la cocaïne et du fentanyl.
Un ancien membre du cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG)
Lundi 23 février, Mexico a annoncé le déploiement de 2.500 soldats supplémentaires pour affronter ces narcotrafiquants extrêmement bien organisés. Notre journaliste Michel Scott avait réalisé l’année dernière un grand reportage, visible dans la vidéo ci-dessous, dans l’Etat du Jalisco où opère le cartel d’El Mencho. « C’est quasiment comme une armée, avec un équipement militaire et avec des compétences militaires. Et puis, les cartels ont leur relais dans le tissu social, partout dans le pays, avec des petites mains du crime qui sont capables de passer à l’action à tout moment »
, explique-t-il.
Cette organisation tentaculaire recrute parfois de force ses hommes de main. A l’époque, le reporter de TF1 avait rencontré l’un d’entre eux, qui venait de faire défection. Seul son tee-shirt flanqué des quatres lettres « CJNG » marquait encore son ancienne appartenance au cartel d’El Mencho. « J’étais membre du cartel »,
avouait-il, avant d’ajouter : « On te frappe, on te force sous les coups à obéir. Et si tu résistes, ils te tuent ou menacent de tuer ta famille »
. L’homme disait s’être enfui avec quinze autres camarades sur l’équipe de quarante « Sicarios » qu’il constituait. « Ils nous envoient combattre la police et pour ça, ils nous droguent avec de la cocaïne et du fentanyl »
, précisait-il.
Mexique : les cartels font la loiSource : JT 20h Semaine
10:31
Mexique : les cartels font la loi
Lorsque l’équipe de TF1 était sur place, pas moins de 16 assassinats avaient été perpétrés, alors que les Etats-Unis avait désigné le cartel de Jalisco Nueva Generacion comme organisation terroriste. Une pression qu’approuvait Carlos Manzo, l’ancien maire d’Uruapan, une ville de 350.000 habitants gangrenée par ce puissant cartel, que Michel Scott avait également rencontré. « Il faut écouter Trump. Il a raison, ils nous attaquent sur notre point faible : les organisations criminelles et la corruption de nos gouvernements successifs et de nos partis politiques de toute obédience »,
assurait-il. Cette figure de la lutte contre les narcos a finalement été abattu en novembre dernier lors d’un événement public.
Pour l’heure, au moins 25 soldats de la Garde nationale ont perdu la vie dans les affrontements de dimanche. La France appelle ses ressortissants à rester chez eux.














