jeudi, août 6

À Ceuta, les centres d’accueil pour mineurs sont saturés. Le taux d’occupation est de 2 600%, au-dessus de sa capacité critique, selon le dirigeant de l’enclave espagnole Juan Jesus Vivas, qui lance un appel à l’aide. La situation est chaotique, confirme Jennifer Zuppiroli de l’ONG Save the Children, surtout pour ceux qui ne sont pas pris en charge.

« Il y a encore beaucoup d’enfants qui sont en dehors du système de protection pour les mineurs. Ils vivent dans la rue, sans accès à un abris, à la nourriture ou à l’eau. Certains sont accueillis dans des familles aux alentours de la ville. Mais nous savons qu’à Ceuta, c’est impossible d’avoir des capacités d’accueil suffisantes car c’est une petite enclave. Donc, il faudrait un transfert vers d’autres régions, le plus vite possible », explique l’humanitaire.

Les autres régions doivent contribuer à l’accueil

Selon la législation espagnole, les autres régions du pays sont tenues de contribuer à l’accueil de mineurs venant de zones en situation de tension. Mais certaines régions tenues par le Parti populaire, de droite, allié dans certains cas avec le parti d’extrême droite Vox, sont opposées à cet accueil.

Par ailleurs, le bilan de la crise migratoire à Ceuta continue de s’alourdir. Selon les autorités espagnoles, au moins 79 personnes sont mortes en tentant de rejoindre l’enclave depuis le Maroc. La plupart de ceux qui ont franchi la frontière illégalement la semaine dernière sont rentrés dans le royaume. Comme a pu le constater à Casablanca notre correspondant Matthias Raynal, même si l’on constate parmi eux une grande diversité de profils, une catégorie sociale est surreprésentée : les jeunes des zones déshéritées des grandes villes.

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