lundi, avril 27

  • Nous prenons des décisions, plus ou moins complexes, à chaque instant de notre vie.
  • Parfois, trancher semble mission impossible et certains facteurs influent sur le processus de réflexion.
  • Une psychologue américaine propose de s’inspirer des méthodes issues de l’aviation pour mieux choisir.

La vie est faite de choix et parfois, il peut être difficile de prendre une décision. Comment s’habiller ? Que faire à dîner ? Où partir en vacances ? Quitter son ou sa partenaire ? Démissionner d’un emploi ? Que dire à son client ? Changer de logement ? Nous avons tous des décisions plus ou moins complexes à prendre et l’idée même d’avoir à trancher peut être une source de stress, voire de fatigue. Car faire un choix, c’est forcément renoncer à l’autre option. Et ce renoncement peut provoquer de l’angoisse parce que derrière, se cache la peur : celle d’avoir pris la mauvaise décision et donc de culpabiliser, la peur de décevoir, la peur de faire fausse route. Par ailleurs, de nombreux facteurs exercent une influence sur notre processus et peuvent impacter la prise de décision : la fatigue, la tristesse, la colère, la pression sociale, le manque de confiance en soi… Résultat : le trouble s’installe, le singe mental s’emballe et au lieu de trancher, on se retrouve à choisir « le moins pire » voire ne rien choisir du tout.

S’inspirer des méthodes de l’aviation pour prendre LA bonne décision

Dans un article publié dans Psychology Today, (nouvelle fenêtre) la psychologue Alice Boyes propose d’adopter une méthode élaborée pour les pilotes de ligne pour faciliter la prise de décision. D’après elle, c’est un moyen de « prendre de meilleures décisions au quotidien dans des circonstances moins qu’idéales, lorsque vous êtes sous pression ou que vous n’êtes pas au meilleur de votre forme« . La méthode s’appelle « I’M SAFE » : un moyen mnémotechnique qui fait référence à la maladie, les médicaments, le stress, l’alcool, la fatigue et l’émotion. (En anglais : Illness, Medication, Stress, Alcohol, Fatigue, Emotion). « Avant de vous mettre dans une situation potentiellement dangereuse ou de prendre une décision, demandez-vous si l’un de ces facteurs pourrait rendre le moment choisi peu judicieux« , explique Alice Boyes. Êtes-vous stressé, êtes-vous fatigué, êtes-vous sous le coup d’une émotion forte ? Dans ces cas-là, il vaut mieux reporter la décision car « un pilote resterait cloué au sol dans ces circonstances« . De même s’il est malade ou s’il a pris des médicaments. Prendre en compte ces facteurs permet donc d’être prêt physiquement et émotionnellement, d’améliorer le jugement avant de prendre une décision professionnelle ou une conversation difficile.

La psychologue propose également de reconnaître les pressions internes et externes qui contribuent à une prise de décision plus sûre en s’inspirant de la « PAVE Checklist ». Par pression externe, on entend, par exemple, la peur de décevoir, l’obligation d’arriver à l’heure, s’inscrire à un marathon et s’entraîner intensément malgré une blessure. Par pression interne, on entend nos propres ressources intérieures. Là encore, la fatigue et la tension. Si une machine est défaillante, le pilote ne la fera pas décoller. Si nous sommes défaillants, il est fort probable que nous ne prenions pas la bonne décision. Enfin, Alice Boyes propose de suivre une dernière méthode en apprenant à reconnaître les « cinq attitudes particulièrement dangereuses » : l’anti-autorité, l’impulsivité, l’invulnérabilité, le machisme, la résignation. « Nous manifestons tous ces attitudes dangereuses au moins occasionnellement« , explique la psychologue. Repérer ces schémas vous permet de vous repérer plus tôt, avant qu’une mauvaise attitude ne mène à une mauvaise décision« . Il ne reste plus qu’à vous glisser dans la peau d’un pilote d’avion avant de vous demander si vous devriez quitter votre job pour aller vivre à Bali.

Sabine BOUCHOUL pour TF1 INFO

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