- Les rappels de laits infantiles se sont multipliés ces dernières semaines.
- Dernier en date, le géant Lactalis a décidé mercredi de rappeler six lots de la marque Picot dans plusieurs pays.
- La présence d’une toxine provoquerait des vomissements dans les heures qui suivent sa consommation.
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Lait infantile contaminé : Lactalis et la grande distribution face au scandale
Des vomissements à répétition. C’est le symptôme qui a fini par mettre la puce à l’oreille à Morgane Fimot, mère d’Eden, un nourrisson âgé de quatre mois. « Je me suis rendue compte que
c’étaient des laits qui étaient rappelés
« ,
explique-t-elle dans la vidéo en tête de cet article. Pendant deux mois, elle a nourri son enfant avec ce lait infantile, sans savoir qu’il était contaminé par une bactérie. « J’ai regardé sur Internet, ils nous disaient de se connecter sur le site de Nestlé et de rentrer le numéro de lot de la boîte pour voir si elle était concernée par le rappel, et c’était le cas »
, détaille la mère de famille.
Début janvier, le groupe Nestlé a annoncé un rappel volontaire de plusieurs produits, des marques Guigoz et Nidal. Lactalis, autre géant du secteur laitier, est lui aussi concerné. Le groupe a décidé de rappeler ce mercredi six lots de lait infantile de la marque Picot. Voici les trois références retirées des rayons aujourd’hui.
À chaque fois, la cause semble être la présence de céréulides, une bactérie sans danger la plupart du temps. Mais certaines variantes peuvent provoquer de graves troubles digestifs chez les tout-petits. « L’enfant peut avoir des vomissements et des selles liquides. Il faut consulter rapidement aux urgences pédiatriques parce que le risque, si le vomissement est important et répété, c’est le risque de déshydratation »,
explique le docteur Maia Banige, pédiatre-réanimateur à Paris.
D’après l’association de défense des consommateurs Foodwatch, la bactérie incriminée provient d’un fournisseur basé en Chine qui fabrique une substance indispensable dans les laits infantiles, l’acide arachidonique, un acide gras. Mercredi soir, voici la réponse de Nestlé. « Aujourd’hui, nous ne nous approvisionnons plus en huile d’ARA auprès de ce fournisseur. Nous travaillons avec des nouveaux fournisseurs strictement contrôlés »
, indique la marque au travers d’un communiqué. De nombreuses familles, inquiètes, ont alerté les autorités.

Une association française recense les cas d’intoxication pour exiger des réponses. « Tout ce qu’ils me disent, c’est
‘je n’ai pas envie d’avoir un remboursement. Ce que je veux, c’est de savoir comment va aller mon enfant’. Est-ce qu’il y aura des suites ? Est-ce que potentiellement, il va avoir des séquelles ? »
, relate Sabine Bernard, président d’Intox’Alim. Il y a quelques semaines, un nourrisson est décédé après avoir consommé du lait infantile Nestlé. Aucun lien formel n’est établi à ce stade, mais une enquête sanitaire a été ouverte.













