- L’étudiant roué de coups jeudi soir à Lyon est décédé à l’hôpital, a annoncé le parquet ce samedi.
- L’agression s’est déroulée en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, dans des circonstances encore floues.
- Un riverain, témoin de la scène, décrit dans le 20H de TF1 un affrontement entre « deux groupes », avant que l’un d’eux ne se mette à « lyncher » la victime à terre.
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Le 20H
Après près de 48 heures d’hospitalisation, il n’a finalement pas survécu à ses blessures. Le parquet de Lyon a annoncé ce samedi 14 février le décès de Quentin (nouvelle fenêtre), un étudiant de 23 ans violemment agressé jeudi à Lyon, dans des circonstances qui restent encore à éclaircir. Il se trouvait dans un état grave, victime d’une commotion cérébrale, après ce déchaînement de violence filmé par certains riverains, dont l’un d’eux a témoigné dans le reportage du 20H de TF1 en tête d’article.
Le jeune homme, étudiant en mathématiques, gravitait autour du collectif identitaire Némésis, qui était venu perturber jeudi une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à l’Institut d’études politiques (IEP) de Lyon. Les militantes affirment avoir alors été « agressées »
par des militants antifascistes. Puis, dans la soirée, les pompiers ont indiqué avoir pris en charge Quentin (nouvelle fenêtre), « très grièvement blessé »
, à plus d’un kilomètre de l’établissement.
« Deux groupes qui se faisaient face-face » avant un lynchage, selon un témoin
Le collectif d’extrême droite a assuré que l’étudiant assurait sa sécurité à titre bénévole, et a été agressé par des militants antifascistes, tandis que la famille de l’étudiant a indiqué au contraire qu’il « n’était ni agent de sécurité, ni membre d’un quelconque service d’ordre »
.
Si les circonstances de ce drame restent donc opaques pour le moment, des premiers témoignages de riverains qui ont assisté à la violente agression émergent, ainsi que des images de la scène. Sur une vidéo des faits, tournée depuis l’autre côté de la rue, on aperçoit ainsi trois jeunes à terre sur un trottoir, roués de coups par plusieurs individus, tandis qu’un cri d’effroi résonne. Deux d’entre eux parviennent à s’échapper, mais le troisième, qui s’avère être Quentin, reste inanimé à terre. D’autres images encore montrent plusieurs agresseurs passer à côté de la victime, la laissant au sol.
Un riverain, qui a requis l’anonymat, a été témoin de toute la scène. « Ça a commencé vraiment avec deux groupes qui s’affrontaient, deux groupes qui se faisaient face-face, d’une vingtaine de personnes à peu près par groupe. L’autre groupe a fini par lyncher la personne qui est restée sur place »
, relate-t-il dans le reportage du 20H de TF1, évoquant « des coups de pied »
. « C’est vraiment la première fois qu’il se passe (quelque chose comme) ça »
, insiste-t-il, encore sous le choc.
Des affrontements ont éclaté ce samedi
Une enquête a été ouverte « du chef de coups mortels aggravés, en plus des violences aggravées »
, a précisé le parquet dans un communiqué. Vendredi, il avait indiqué qu’« à ce stade, le contexte et les circonstances de ces faits doivent être déterminés »
. La famille du jeune homme a elle dénoncé un « crime »
, par la voix de leur avocat Me Fabien Rajon, qui a déposé plainte pour meurtre en bande organisée.
Pour ce dernier, la scène n’avait rien d’une simple rixe entre bandes rivales, qui se seraient croisées par hasard. « Il s’agit de faits qui ont été d’une part préparés en amont, un véritable guet-apens qui a été tendu, et ensuite d’un lynchage avec des coups mortels qui ont été assénés par coups de pied sur le crâne de la malheureuse victime »
, affirme l’avocat dans le reportage.
Depuis cette agression, la tension n’est pas retombée à Lyon. Ce samedi après-midi, avant l’annonce de la mort de l’étudiant, des affrontements ont éclaté, à quelques mètres du lieu où Quentin a été agressé. Des individus cagoulés ont procédé à des tirs de mortier contre des militants identitaires, qui se sont alors repliés.
La famille du jeune homme a exhorté « au calme et à la retenue »
, un appel relayé également par le président Emmanuel Macron, qui a dit souhaiter que « les auteurs de cette ignominie »
soient condamnés. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a lui demandé aux préfets de « renforcer la vigilance autour des rassemblements de nature politique, ainsi qu’autour des permanences de campagne »
, à l’approche des municipales.












