- À l’approche des vacances d’été, le risque de cambriolage augmente.
- Et désormais, les voleurs ont de plus en plus recours aux nouvelles technologies pour neutraliser les systèmes d’alarme.
- Regardez cette enquête du JT de TF1.
Suivez la couverture complète
Le 20H
« On avait mis au point un système d’alarme, de sécurité vraiment très poussé. On a été battus par plus fort que nous ».
En août dernier, Emmanuel Lecocq, le directeur d’une boutique de vélos haut de gamme, située à Camon (Somme), découvre qu’on lui a volé 65 vélos durant la nuit. Montant du préjudice : 350.000 euros. Pourtant, l’alarme ne s’est pas déclenchée. Pire, il n’a pas été réveillé par son téléphone, qui est relié à son système d’alarme et qui fonctionne très bien en temps normal.
Alors, pour comprendre ce qui s’est passé, Emmanuel visionne les caméras de surveillance et il découvre, stupéfait, que les cambrioleurs ont utilisé des brouilleurs pour couper toutes les liaisons. « Brouilleurs GSM, neutraliser Internet, neutraliser toutes les caméras alentours, même des entreprises autour de nous, etc. Donc, ils ont passé grosso modo deux heures à préparer le terrain avant d’intervenir dans le magasin »,
explique-t-il dans le reportage ci-dessus.
Les cambrioleurs ont commencé par l’extérieur, en neutralisant le quartier. Et puis, ils sont passés par le toit du bâtiment. Ils sont restés au moins quatre heures à l’intérieur, protégés en quelque sorte par la paralysie de tous les systèmes de communication. « Je suis tombé de très haut. Encore une fois, j’avais fait tout ce qui me semblait possible et nécessaire pour nous protéger de ça. Et on a oublié de se renseigner sur ce qui existait, sur ce qui se faisait maintenant »,
regrette-t-il.
C’est une méthode facile. Ils se garent n’importe où, peut-être à 2 kilomètres. Et puis, ils passent avec un drone et ça va vite.
C’est une méthode facile. Ils se garent n’importe où, peut-être à 2 kilomètres. Et puis, ils passent avec un drone et ça va vite.
Thibault, agriculteur cambriolé à la frontière franco-belge
Comment est-ce possible ? Pour le savoir, direction la Bretagne. À deux pas de Brest, l’entreprise BZHunt est spécialisée dans la protection des bâtiments et des maisons des particuliers. Selon elle, pirater une caméra est un jeu d’enfant grâce à cet appareil : un brouilleur. Killian Chevrier, ingénieur cybersécurité, en fait la démonstration. « Je vais venir lancer le brouilleur et ensuite, je vais quitter mon bureau et on ne me verra plus, alors que sur l’image, je serai encore à mon bureau. Je me lève. Et là, pour la caméra, je suis encore au bureau »,
montre-t-il. Un brouilleur se trouve facilement sur Internet. Ça coûte entre 20 et 60 euros. « L’idée, ça va être de venir envoyer un signal très fort au niveau de la caméra pour qu’elle ne puisse plus communiquer avec l’appareil qui va venir retransmettre la vidéo en direct »,
explique-t-il.
Autre technique utilisée par les cambrioleurs : le repérage par un drone. C’est ce qui est arrivé à Thibault, agriculteur à la frontière franco-belge. « Je travaillais dans mon jardin. Je venais vider les déchets verts. Et j’ai observé un drone qui est passé deux, trois fois au-dessus de l’exploitation. Et là, j’ai pensé à des enfants qui s’amusaient et voilà »
, raconte-t-il. Non, ce n’était pas des enfants, mais bien des voleurs. Ils ont repéré les lieux et notamment les entrées dans l’exploitation. La nuit suivante, ils ont dérobé plusieurs écrans et GPS dans trois tracteurs différents. « C’est une méthode facile. Ils se garent n’importe où, peut-être à 2 kilomètres et ils ne sont pas vus. Et puis, ils passent avec un drone et ça va vite. Ça ne fait pas beaucoup de bruit parce qu’il était très haut »,
dit-il. Montant du préjudice : 20.000 euros.
Pour les forces de l’ordre, cela complique les enquêtes puisqu’il y a moins de traces. « C’est pas des petits voleurs du coin de la rue. C’est des équipes structurées parce que c’est des commandes. Ça part à l’étranger bien souvent. C’est vraiment des bandes organisées »
, souligne Jean-Pierre Chloez, délégué du syndicat de police Alliance des Hauts-de-France. On parle désormais de cyberattaques. Alors comment faire pour être mieux protégé, notamment avec les caméras de surveillance ? Pour Killian Chevrier, « il faut faire en sorte que la caméra soit branchée en filaire, mais que le câble soit inaccessible et ne soit pas visible de l’extérieur »
, conseille-t-il. En d’autres termes, une connexion qui n’est pas Wi-Fi. Car le Wi-Fi est plus facile et moins cher à installer, mais il est beaucoup plus fragile. On peut le pirater très facilement désormais.




