- Certains Français parviennent, bien avant l’âge de la retraite, à gagner leur vie sans travailler.
- Quelle est leur botte secrète ?
- Le magazine de TF1 « Sept à Huit Life » a suivi Pauline, 31 ans et Alexandre, 39 ans, tous deux rentiers.
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Sept à huit
Il y a 15 ans, le CDI faisait encore figure de Graal. Mais aujourd’hui, une partie de la jeune génération rêve de se libérer du travail avec l’ambition d’une retraite avant 40 ans. Mais quand on ne gagne pas au loto ou lorsque l’on ne naît pas avec une cuillère en argent dans la bouche, comment gagner sa vie sans travailler ? Certains ont réussi ce pari. Portés par leur talent et leur audace, ils n’ont désormais plus de patron.
C’est le cas par exemple de Pauline, qui témoigne dans la vidéo en tête de cet article, replay du reportage de « Sept à Huit Life » « Au revoir patron ! Ces Français qui gagnent leur vie sans travailler », diffusé ce dimanche sur TF1 (à retrouver également en streaming sur TF1+). À 31 ans, la jeune femme aime dire qu’elle est retraitée. Pour son premier hiver sans travailler, cette ancienne fonctionnaire s’est offert le soleil du Vietnam. Un rêve qui pouvait lui sembler insensé il y a un an. « C’était l’hiver, dans le froid. C’était le retour des vacances de Noël, donc c’était parti pour une grande période de bureau sans vacances et clairement pas au Vietnam, sur une plage avec des amis. C’est vrai qu’en un an, ça a énormément évolué »
, raconte-t-elle. Sans aucun capital de départ, Pauline a investi dans l’immobilier et vit de ses rentes. Elle a démissionné de son CDI en avril dernier.
Quelques jours avant son départ en Asie, l’équipe de « Sept à Huit Life » l’avait rencontrée chez elle à Avignon, profitant de sa nouvelle retraite. La jeune femme était pourtant promise à une carrière brillante. Après un bac mention très bien et une classe préparatoire, cette élève modèle est embauchée comme ingénieure dans la fonction publique, payée 2.500 euros net par mois. « Dès les premiers mois, j’ai senti que ça n’allait pas le faire. En tout cas, pas jusqu’à 64 ans. Une sorte de déprime du quotidien, de me dire que j’allais passer le reste de ma vie, toute la semaine, à aller de 8h à 17h dans un bureau à faire des visios sur des tâches qui ne me semblaient pas non plus passionnantes. Et au final, c’est vrai que les journées dans l’ensemble me paraissaient assez vides de sens »,
se souvient-elle.
19 appartements achetés
En 2022, elle décide d’investir dans l’immobilier pour se constituer des revenus locatifs. Elle n’a alors que 7.000 euros d’économies, mais grâce à son CDI, elle décroche un prêt bancaire de 80.000 euros. Son premier bien est un ancien cabinet médical où vit aujourd’hui un locataire. « Il y avait une cloison. D’un côté, c’était le bureau du médecin, et de l’autre, la salle d’attente »
, montre-t-elle devant la caméra. Un investissement qui la fait douter au départ. « Je me disais :
‘est-ce que je ne suis pas en train de faire une bêtise’. Mais après, quand on réfléchit, qu’on pose les chiffres, on se rend compte que ça marche. Mais il y a toujours de la peur. Même après coup, quand on est dans les travaux, on se dit :
‘est-ce que ça va bien se passer ? Est-ce qu’on va pas découvrir des vices cachés ? Est-ce que les locataires vont payer ?' », avance-t-elle.
Pour que l’opération soit rentable, il faut que le loyer qu’elle facture soit plus élevé que sa mensualité de crédit. Une fois tout payé, ce logement lui rapporte 100 euros par mois. « Ce n’est pas énorme. Et là, on se dit qu’il faut en faire énormément avant de pouvoir en vivre »,
souligne-t-elle. Qu’à cela ne tienne. Pendant trois ans, Pauline a réitéré l’opération… 19 fois. Au total, elle a emprunté plus d’un million et demi d’euros à la banque. Mais comment fait-on pour emprunter autant ? « C’est vrai que j’ai eu quelques difficultés. Déjà, c’est donner confiance aux banques, donc montrer, une fois qu’on a fait un investissement, qu’il est rentable et que les revenus sont supérieurs aux charges. Et après, ce qu’on a fait avec ma mère, c’est qu’on a créé une SCI familiale où on est toutes les deux associées. Et là, on passe dans un statut pro. Ça permet d’emprunter beaucoup plus »,
explique-t-elle.
Même si aujourd’hui, sa mère s’est associée aux affaires de Pauline, elle a mis du temps à accepter que sa fille unique renonce à sa carrière. « J’ai quand même fait beaucoup d’efforts pour l’amener à un diplôme d’ingénieur. Donc, quand elle a commencé à me parler de ça, j’étais très réticente pour qu’elle lâche vraiment son boulot (…) Mais je comprends très bien les choses d’aujourd’hui parce que nous, finalement, on est rentré sur les rails comme nos parents »
, reconnaît-elle. Aujourd’hui, gérer ses 19 apparts lui prend environ une quinzaine d’heures par semaine. Une fois tous les crédits remboursés, ses biens lui rapportent un peu plus de 2.000 euros nets par mois. Des revenus qui lui suffisent à s’offrir la vie simple qu’elle s’est choisie.
Mais à 50 ans, quand elle aura remboursé tous ses crédits, elle touchera alors environ 11.000 euros par mois.
En tant qu’enfant unique, quand on voit son père qui se consume au travail, vous n’avez pas envie de reproduire ça.
En tant qu’enfant unique, quand on voit son père qui se consume au travail, vous n’avez pas envie de reproduire ça.
Alexandre, 39 ans
À 39 ans, Alexandre, lui, est à la retraite depuis 4 ans. Et désormais, le lundi, à 11 heures, il a yoga. « J’ai été commercial pendant 12 ans avec beaucoup de pression. Je me suis un peu oublié. C’était très dur. Je ne me faisais pas plaisir. Aujourd’hui, la priorité, c’est de s’occuper de moi et de ma fille aussi »
, dit-il. Alexandre se relaxe grâce à des investissements dans des parkings. Tout a commencé alors qu’il était commercial, payé au SMIC. Il avait 4.000 euros d’économies et cherchait à investir dans la pierre. « J’ai mis du moins cher au plus cher sur le site de petites annonces. Et le moins cher dans Paris intra-muros, c’était une place dans un parking »,
argue-t-il. Un simple renfoncement qu’Alexandre loue à un motard. Cela lui rapporte 45 euros par mois.
Alexandre profite du poste en CDI qu’il occupe à l’époque pour emprunter et acheter de nouveaux emplacements. Une idée va aussi faire décoller ses rentrées d’argent. Il achète une place qui se loue normalement 250 euros pour 2 voitures. Mais lui va y faire rentrer un maximum de motos. « On a 10 motos à 70 euros, donc ça me rapporte 700 euros par mois. Ce qui est le loyer peut-être d’une petite studette à Paris. Sauf que si j’ai un mauvais payeur, je ne perds que 70 euros par mois »
, calcule-t-il. Sa seule responsabilité : s’assurer que les places ne soient ni squattées, ni dégradées. Aujourd’hui, Alexandre vit grâce aux loyers de sa centaine de parkings : 3.500 euros nets par mois, et du temps pour s’occuper de sa fille. Ce temps qui lui a manqué avec son père, mort quand il avait 9 ans. « En tant qu’enfant unique, quand on voit son père qui se consume au travail, vous n’avez pas envie de reproduire ça »,
affirme-t-il.
Désormais, gérer ses locataires ne lui prend que 2 ou 3 heures par semaine. Un temps libre qui peut faire rêver, mais il lui a tout de même fallu 12 ans pour atteindre cet équilibre financier. Et Alexandre reste dans la crainte que ses biens perdent de la valeur avec le temps. « C’est possible, parce que c’est pas corrélé à l’immobilier d’habitation. J’ai peur que tout s’arrête, mais je suis cohérent par rapport à mon histoire, par rapport à mes valeurs. Je me sens bien dans mes baskets et je suis heureux de faire ce que je fais »
, conclut-il.













