- Gisèle Pélicot publie ses mémoires « Et la joie de vivre » chez Flammarion le 17 février.
- Des extraits ont été dévoilés en exclusivité mardi soir par « Le Monde ».
- Elle revient notamment sur le moment où elle découvre avoir subi des dizaines de viols avec la complicité de Dominique Pélicot.
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Le 13H
Elle donne sa version d’une affaire qui a bouleversé le monde entier. Dans son livre Et la joie de vivre
qui sort chez Flammarion le mardi 17 février, Gisèle Pelicot revient sur le procès des viols de Mazan. Des extraits du livre – qui bénéficie également d’une sortie mondiale dans 22 langues – ont été publiés mardi soir par Le Monde
(nouvelle fenêtre).
Elle raconte notamment le moment où elle a découvert au commissariat les crimes de son mari, Dominique Pélicot (nouvelle fenêtre), qui durant une décennie l’a droguée (nouvelle fenêtre) et livrée à des hommes contactés sur Internet pour la violer. Le 2 novembre 2020, elle a rendez-vous avec un policier au commissariat de Carpentras.
Je ne reconnaissais pas les individus
Je ne reconnaissais pas les individus
Gisèle Pélicot face aux policiers qui lui apprennent qu’elle a été violée
« Il a sorti une photo, me l’a tendue. Une femme en porte-jarretelles est couchée sur le côté, un homme noir est allongé derrière elle.
– C’est vous sur cette photo ?
– Non, ce n’est pas moi.
Je ne reconnaissais pas les individus. Ni cette femme. Elle avait la joue si flasque. La bouche si molle. C’était une poupée de chiffon. (…)
– C’est votre chambre. Ce sont bien vos lampes de chevet ?
– Et alors ? Ce n’est pas moi inerte sur ce lit, c’est un photomontage. L’œuvre de quelqu’un qui en veut à Dominique. »
Un choc brutal, puis la révolte
Le policier l’affirme, son mari Dominique Pélicot est à l’origine de ces clichés de viol. L’incompréhension est totale. Elle ne veut pas y croire. À ce stade, elle le défend encore et insiste : c’est un homme attentionné. « Le policier a lâché un chiffre.
53 hommes seraient venus chez nous
(nouvelle fenêtre) pour me violer. »
Son monde s’effondre. À l’approche du procès, elle découvre la longue liste des accusés. « J’avais surligné leur date de naissance : 1997, 1988. (…) Puis, pour chacun d’eux, étaient indiqués les faits. Glaçants d’une cruauté sans limite. Et pourtant absents de ma mémoire. »
Le choc est brutal. Mais il est suivi par la révolte. Elle décide de lever le huis clos. Vingt ans plus tôt, elle en convient, elle n’aurait sans doute pas pris cette décision. Mais pour elle, son histoire doit dépasser les murs du tribunal. « Personne ne saurait ce qu’ils m’avaient fait. Pas un journaliste ne serait là pour écrire leur nom en face de leur crime. Pas un inconnu ne viendrait les dévisager en se demandant à quoi on reconnaît un violeur parmi ses voisins et ses collègues. »
Elle relate aussi les longues semaines de procès et les milliers de soutiens anonymes. Gisèle Pelicot est alors passée du statut de victime à celui de figure de la lutte contre les violences faites aux femmes.












