Le ministre de la Justice Gérald Darmanin, a annoncé ce mercredi 26 novembre « tourner la page » des centres éducatifs fermés (CEF), prévus pour être la dernière alternative à la prison pour des mineurs délinquants, pour les transformer progressivement en foyers d’éducation renforcée.
« Le modèle des centres éducatifs fermés s’est épuisé et ne tient pas ses promesses », a constaté le garde des Sceaux dans son discours d’ouverture des Rencontres de la justice des mineurs, qui se tiennent à Paris.
Les CEF ont été créés en 2002, pour accueillir des mineurs multirécidivistes ou auteurs d’infractions graves. Actuellement, il existe 19 CEF publics et 39 CEF régis par le secteur associatif. Il existe par ailleurs 66 foyers d’éducation.
Plusieurs rapports, dont un de l’Inspection générale de la justice, pointent l’inefficacité des CEF, dont le coût de fonctionnement, autour des 600 euros par jour et par jeune, est supérieur à celui des foyers.
Un « changement profond et assumé »
Les CEF « ont brouillé la frontière entre la détention et l’éducation » et « n’ont jamais constitué l’alternative à l’incarcération voulue par le législateur », a estimé le ministre, qui a annoncé « le changement profond et assumé en tournant officiellement la page des centres éducatifs fermés ».
Dans ce contexte, il a décidé un « moratoire sur les huit nouveaux CEF prévus par la loi », et la requalification, « en début d’année prochaine », des 19 CEF publics en « unités judiciaires à priorité éducative », autrement dit en foyers d’éducation renforcée, qui seront centrés sur « trois priorités: la scolarité obligatoire, la santé mentale et la lutte contre les addictions ». Les 95 personnes travaillant dans les CEF seront redéployées dans les foyers.
Gérald Darmanin a aussi indiqué qu’un concours serait ouvert pour recruter 40 nouveaux professeurs techniques, pour qu’il y ait au moins un professeur technique par foyer.
Une circulaire sera par ailleurs diffusée aux procureurs et au personnel de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), prévoyant l’interdiction des téléphones portables en foyers et la primauté de l’éducatif. Elle invitera les procureurs à requérir un contrôle judiciaire, qui comprenne un lieu de placement du mineur, mais aussi les interdictions et les mesures éducatives à mettre en œuvre, selon la Chancellerie.
Article original publié sur BFMTV.com









