Il n’y a pas que le Trump Kennedy Center dans le viseur du président américain. Autre institution culturelle de la capitale américaine, les musées Smithsonian de Washington font aussi les frais du retour au pouvoir de Donald Trump.
Et cette fois, c’est un portrait du 45e et 47e président américain qui se retrouve au centre de toutes les attentions après avoir été critiqué par la Maison Blanche. Et c’est plus précisément la description sous ce portrait qui pose particulièrement problème. Aux yeux de l’administration Trump en tout cas.
Pourquoi ces portraits des membres du gouvernement Trump ne ressemblent à aucun autre
Ce samedi 10 janvier, The Washington Post et The New York Times expliquent que la National Portrait Gallery, qui fait partie de la Smithsonian Institution de Washington, a retiré jeudi des inscriptions murales accompagnant ce portrait.
Celles-ci faisaient notamment référence aux deux procédures de destitution à l’encontre de Donald Trump et à l’attaque du Capitole par ses partisans le 6 janvier 2021.
« Mis en accusation à deux reprises, pour abus de pouvoir et incitation à l’insurrection après l’attaque du Capitole par ses partisans le 6 janvier 2021, il a été acquitté par le Sénat lors des deux procès », était-il notamment écrit, après un résumé évoquant aussi sa nomination de trois juges à la Cour suprême, sa promotion du développement des vaccins contre la Covid-19 ou encore son « retour historique lors de l’élection de 2024 ».
Regard intense
Ce changement a eu lieu au moment où le portrait de Donald Trump actuellement présenté au sein du musée était remplacé. Passant d’une photographie du photojournaliste du Washington Post, Matt McClain à un cliché signé Daniel Torok, photographe de la Maison-Blanche. Et dont Donald Trump est particulièrement fan. Au point d’avoir déjà repartagé l’image désormais présentée au musée sur son réseau social en fin d’année dernière.
Désormais, c’est un Donald Trump en noir et blanc et au regard intense qui se présente aux visiteurs, avec les deux poings appuyés sur une table du Bureau ovale. D’ailleurs, un porte-parole de la Maison Blanche a souligné samedi que ce nouveau portrait affiché était « emblématique » du président et que « son aura incomparable sera visible et ressentie dans tous les couloirs de la National Portrait Gallery ».
digitized by Mark Gulezian/NPG Une partie de l’ancien portrait qui était exposé à la National Portait Gallery de Wahsington, photographié par le photojournaliste du Washington Post Matt McClain.
Quant à la National Portrait Gallery, elle a seulement annoncé la mise en place d’une nouvelle photographie jeudi, en évoquant une mise à jour plus large à venir de l’exposition Les présidents américains.
Gardien officiel de l’histoire américaine
Le Washington Post précise que la nouvelle pancarte qui accompagne le portrait « est si brève que l’on distingue encore le contour de l’ancienne sur le mur en dessous ». Elle ne mentionne plus que les années de mandat de l’actuel locataire de la Maison Blanche. Pourtant, non loin du portrait de Donald Trump, celui de son prédécesseur Bill Clinton fait toujours référence à sa procédure de destitution.
Mais ni la Maison Blanche, ni le Smithsonian n’ont expliqué si la Maison Blanche avait demandé un tel changement. Pour autant, l’administration Trump est largement intervue ces derniers mois dans les affaires de cette institution de la capitale. En dressant notamment une liste de griefs à l’encontre de l’ancienne directrice de la National Portrait Gallery, limogée par Donald Trump en mai dernier. Parmi les points soulevés par la Maison Blanche, une phrase évoquait la mention des procédures de destitution sous ce portrait du président.
Avant cela, Donald Trump s’était déjà attaqué aux musées Smithsonian de Washington. En mars 2025, il avait signé un décret visant à reprendre le contrôle du contenu de cette institution connue pour être la gardienne officielle de l’histoire américaine, mais qu’il accusait de mener un « endoctrinement idéologique » racial. L’institution Smithsonian étant indépendante depuis une loi de 1846, le Washington Post expliquait à l’époque que ce décret était un « acte sans précédent visant à modifier une institution qui s’est développée au cours de plusieurs décennies pour inclure un récit plus large, plus riche et plus diversifié de l’histoire de la nation ».
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