Les soldes d’été démarrent mercredi sous une chaleur caniculaire, une « aubaine » pour les grands magasins climatisés où les consommateurs se réfugient mais une source d’inquiétude pour les commerces de centre-ville, qui redoutent un report des achats sur les plateformes en ligne d’ultra fast-fashion.
« Faire les soldes, oui, mais que dans des centres commerciaux climatisés », explique Julie Chicon, assistante de direction de 51 ans, en agitant son éventail.
Celle qui se définit comme une « addict au shopping » aime pourtant flâner en centre-ville, de vitrines en vitrines. « Un moment de détente », confie-t-elle. Mais pour la première fois cette année, « hors de question » de faire les boutiques « en plein cagnard », avec « des tonnes de sacs dans les mains. »
C’est en effet sous une chaleur de plomb, avec des pics attendus à 42 degrés mercredi selon Météo-France, que débutent les quatre semaines de promotions estivales.
D’une intensité « exceptionnelle », la canicule est « de durée encore incertaine », selon d’institut météorologique, qui a placé mardi 58 départements en vigilance rouge et 31 autres en orange. 90% de la population française est donc exposée à des chaleurs extrêmes, un niveau jamais atteint.
« Une vraie aubaine pour nous », juge Sophie Ponn, 52 ans, vendeuse aux Galeries Lafayette parisiennes. Au coeur des « grands boulevards » de la capitale, le grand magasin climatisé ne désemplit presque jamais, « encore moins pendant la canicule », poursuit-elle.
« Les passants se réfugient chez nous, ils se mettent au frais et souvent, ils finissent par acheter ».
– « Centres-villes déserts » –
Autre point positif: « la chaleur incite les gens à s’équiper pour l’été », estime auprès de l’AFP Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce (grandes enseignes). « Vendre des maillots de bain sous la pluie, ça ne fonctionne pas… »
Mais la canicule, c’est aussi le risque que les consommateurs restent chez eux, ne souhaitant pas s’aventurer au milieu des bâtiments et des rues bétonnées, ou dans les transports en commun.
« Pour les commerces indépendants dans les rues, c’est une catastrophe », regrette Pierre Talamon, président de la Fédération nationale de l’habillement, redoutant des « centres-villes déserts ».
Une peur partagée par une boutique indépendante du 2e arrondissement de Paris, où une jarre d’eau fraîche et de glaçons est à disposition des clients, « peu nombreux » depuis le début des fortes chaleurs.











