- La France, comme les autres pays membres de l’Agence internationale de l’énergie, va débloquer ses réserves stratégiques de pétrole avec pour objectif de contenir la hausse des prix.
- D’autres pistes sont sur la table, si le conflit dure, comme l’idée de plafonner les marges des stations-service et des supermarchés.
- Les marges de manœuvre sont limitées : le ministre des Comptes publics a rappelé « le devoir impérieux de maîtrise des comptes publics ».
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Guerre au Moyen-Orient : les prix des carburants et du gaz s’envolent
Aider les Français qui font face à la hausse du prix des carburants sans aggraver les finances publiques ? L’équation est complexe pour le gouvernement.
À ce stade, la réponse consiste à d’abord contrôler les prix dans les stations-service. « Nous serons attentifs à ce que les hausses observées soient les hausses visibles sur le marché
« , a de nouveau dit la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, jeudi matin à l’issue d’une réunion avec les distributeurs de carburants et les agriculteurs.
Le gouvernement a lancé une vaste opération de contrôle à travers la France pour lutter contre tous ceux qui seraient tentés de spéculer dans cette période de crise. Quelque 5% des 513 stations contrôlées seront sanctionnées en raison « d’anomalies
» sur l’affichage des prix, a précisé mercredi le ministre du Commerce Serge Papin.
Le baril de nouveau au-dessus des 100 dollars
Ensuite, la France mise, comme d’autres pays, sur la libération des réserves stratégiques : ces stocks d’essence et de gasoil obligatoires pour tous les États membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et utilisables en cas de crise internationale pour modérer les hausses de prix.
Jeudi, les pays de l’AIE ont décidé d’y avoir recours, libérant ainsi 400 millions de barils. Un volume qui correspond à 20 jours d’exportations transitant habituellement par le détroit d’Ormuz, a précisé Emmanuel Macron mercredi.
La France, elle, va contribuer à hauteur de 14,5 millions de barils. « Ça doit permettre de tirer les prix à la baisse pour les Français
, a estimé Maud Bregeon jeudi, mais aussi pour les agriculteurs car il y a des réserves de gazole dans ces stocks
. » Agriculteurs, pêcheurs et transporteurs ont alerté cette semaine sur les difficultés dans leur secteur très dépendant des énergies fossiles.
Mais cette décision n’a pas eu l’effet escompté Le baril de Brent est repassé jeudi au-dessus des 100 dollars. Selon l’AIE, la production de produits pétroliers des pays du Golfe est réduite d’au moins dix millions de barils par jour. « La guerre au Moyen-Orient provoque la plus importante perturbation
» de l’approvisionnement en pétrole de l’histoire, a estimé l’agence internationale jeudi.
Plafonner les marges ? La Grèce l’a fait
Si le conflit devait durer, le gouvernement réfléchit à d’autres options. Toujours avec la même contrainte, rappelée par le ministre des Comptes publics David Amiel : « Je voudrais vraiment insister, nous avons un devoir impérieux de maîtrise des comptes publics
. » L’exécutif a par exemple rejeté les demandes du RN et de LFI de réduire la TVA à 5,5% sur l’essence ou de bloquer les prix.
Dès lors, que faire ? Pour « protéger
» les consommateurs, le gouvernement étudie un « plafonnement des marges »
ou des mécanismes permettant de « lisser les hausses et les baisses
» des prix, a détaillé le chef du gouvernement en Conseil des ministres mercredi, d’après son entourage cité par l’AFP.
Le plafonnement des marges bénéficiaires signifie qu’un État limite le bénéfice maximal que peuvent réaliser certains acteurs comme les stations-service ou les supermarchés sur les prix de vente aux consommateurs. Des États l’ont déjà mis en place, à l’image de la Grèce. Jusqu’au 30 juin, les stations-service du pays seront ainsi autorisées à réaliser un profit maximal de 12 centimes par litre.
En France, le gouvernement compte aussi sur les distributeurs, pour mettre en place des campagnes « à prix coûtant
» ou « des campagnes de plafonnement
» ; et pour répercuter immédiatement toute baisse observée sur le marché.
TotalEnergies a de son côté annoncé jeudi le maintien de son plafonnement du prix de l’essence à 1,99 euro le litre dans ses stations-service et ce jusqu’à fin mars. Le diesel, lui, est plafonné à 2,09 euros le litre. Mercredi, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, avait annoncé « à peu près 30 centimes de baisse par litre
» de carburant d’ici à vendredi.
Mercredi, le litre de SP95-E10 coûtait 1,862 euro/l en moyenne selon un calcul réalisé par l’AFP à partir des données communiquées au gouvernement par 7.516 stations-service. Le SP98 coûtait 1,959 euro/l en moyenne sur 8.052 stations, et le diesel 2,032 euros/l en moyenne sur 9.528 stations.











