Le contrat entre une filiale de Capgemini et la police américaine de l’immigration (ICE), qui suscite de vives critiques, n’est « pas en cours d’exécution », a assuré, jeudi 29 janvier, le groupe de services informatiques français, dont le conseil d’administration se réunira ce week-end.
Dans un message interne adressé, mercredi, aux salariés et consulté par l’Agence France-Presse (AFP), le groupe disait sans plus de précisions que le contrat « n’est pas en cours d’exécution car il fait l’objet d’un recours » et que sa filiale américaine avait « d’ores et déjà engagé un processus d’examen du contenu de ce contrat, ainsi que des procédures de contractualisation ».
Interrogée jeudi par l’AFP, l’entreprise cotée au CAC40 a confirmé que, « d’après les informations qui ont été portées à sa connaissance, ce contrat attribué en décembre 2025 n’est, à date, pas en cours d’exécution. »
« Sur proposition du directeur général Aiman Ezzat, un conseil d’administration exceptionnel de Capgemini est prévu dans le week-end », a par ailleurs annoncé le groupe. En parallèle, la CGT a lancé une pétition interne demandant la rupture du contrat. D’après le syndicat, une réunion avec les représentants du personnel a été convoquée vendredi matin.
Selon des informations de l’Observatoire des multinationales publiées la semaine dernière et développées par France 2, Capgemini a, notamment, fourni à l’ICE un outil d’identification et de localisation de ressortissants étrangers, et gère, par ailleurs, un standard téléphonique réservé aux victimes de crimes commis par des étrangers. Contrairement à ce qu’assure le groupe, le contrat est consultable sur le site gouvernemental USAspending.com. On y trouve notamment le détail des missions qui lui ont été confiées. L’entreprise a, par ailleurs, signé ces dernières années plusieurs contrats pour superviser des lieux de détention des étrangers interpellés et leur transport, affirme « L’Œil du 20 heures » de France Télévision dans un nouveau sujet.
« Réseaux étanches »
Dimanche, M. Ezzat avait annoncé dans un message publié sur LinkedIn avoir appris « par des sources publiques » la signature, en décembre, d’un contrat entre sa filiale américaine et la police fédérale de l’immigration mise en cause pour ses méthodes violentes. Selon lui, la structure de cette filiale indépendante, soumise à la législation américaine, impose des règles d’étanchéité avec la direction centrale de l’entreprise.
Cette filiale « prend les décisions de manière autonome, dispose de réseaux étanches, et (…) le groupe Capgemini est dans l’impossibilité d’accéder à toute information classifiée, à des contrats classifiés », avait-il affirmé. M. Ezzat a également assuré que « la nature » et le périmètre du contrat avaient « soulevé des interrogations au regard de ce que [Capgemini fait] habituellement en tant qu’entreprise de services et de technologie ».
« La moindre des choses, je pense, de la part d’une entreprise française (…), c’est d’être transparente sur les contrats qu’elle a avec [l’]ICE, mais peut-être aussi qu’elle les questionne », a réaffirmé, jeudi, le ministre de l’économie, Roland Lescure, lors de ses vœux à la presse.















