À 20 ans, Mamadou Sarr vit un rêve éveillé. Lors de la demi-finale remportée, mercredi 14 janvier par les Lions de la Teranga face à l’Égypte, le jeune joueur de Strasbourg a eu l’immense défi de remplacer Kalidou Koulibaly, le capitaine de son équipe à la 23e minute. Sans trembler, le défenseur central a tenu son rang dans ce match décisif. Il a réussi l’intégralité de ses 57 passes. Une entrée en mode patron qui lui a attiré les louanges de ses coéquipiers.
« Deuxième match en CAN. Troisième sélection. Rentrer comme ça en demi-finale de la CAN, c’est pas évident pour un joueur de 20 ans. C’est magnifique. Je suis content. C’est mon frère il a fait un match monstrueux », a ainsi commenté après la victoire son coéquipier Moussa Niakhaté. Interrogé sur son attitude impassible alors qu’il joue sa première grande compétition internationale, Mamadou Sarr a expliqué : « Cela vient de mon père. C’est quelqu’un de très serein et de très calme ».
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Le carton rouge du père
Formé à l’AS Saint-Etienne, son père Pape Sarr a également porté le maillot des Lions de la Teranga, affichant 27 sélections, et il a aussi participé à une demi-finale de la Coupe d’Afrique face au Nigeria, il y a 24 ans. Le Sénégal avait remporté la rencontre (2-1), mais Pape Sarr s’était fait expulser après un coup de coude donné au Nigérian Garba Lawal. Un mauvais geste qui avait fait manquer au milieu de terrain la finale perdue contre le Cameroun (0-0, 2-3 aux t.a.b).
Selon DS Sports, ce carton rouge « avait freiné son élan en équipe nationale ». « Titulaire indiscutable lors de la CAN, il avait perdu sa place au Mondial. En Corée du Sud, Pape Sarr ne disputera que 45 petites minutes », précise ce site sénégalais faisant référence à la Coupe du Monde 2002 où les Lions avaient atteint les quarts de finale.
Depuis, l’ancien joueur du RC Lens, du Stade Brestois ou encore du Paris FC, se concentre sur la carrière de son fils. Mamadou n’a pas assisté à cette expulsion. Il est né, trois ans plus tard, en 2005 à Martigues alors que son père portait les couleurs du FC Istres. Formé à l’Olympique lyonnais avec qui il a signé son premier contrat professionnel en 2022, il fait désormais partie de l’effectif du RC Strasbourg jusqu’en 2029 où il s’est engagé pour 10 millions d’euros.
Après avoir évolué en équipe de France jeunes, il a finalement opté pour le pays de son père en novembre 2025, même si d’après le journal l’Equipe, la fédération française a tout fait pour le convaincre de rester. Alors que les stars des Lions commencent à vieillir à l’image de Kalidou Koulibaly (34 ans), Abdoulaye Seck (33 ans), Abdou Diallo ou encore Moussa Niakhaté (tous deux 29 ans), le Strasbourgeois symbolise la relève.
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« Continuer l’histoire »
Interrogé sur une possible titularisation en finale, le jeune défenseur a mis l’accent sur le collectif : « Je me prépare. Je ne sais pas si je vais jouer dimanche, mais tout le monde se prépare. J’espère que tout le monde sera prêt. Si ça doit être moi, j’espère que je serai prêt. Si ça doit être un autre, j’espère qu’il le sera aussi ».
Là où son père a échoué, il a l’occasion d’effacer le passer en battant le Maroc, dimanche 18 janvier, en finale de la CAN 2025 : « Je suis très content de continuer l’histoire. J’espère qu’on va ramener cette deuxième CAN pour le Sénégal ».
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