Avec notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena
Les revendications ne sont pas nouvelles, mais les enseignants se disent déterminés à se faire entendre, en décrétant une « rentrée académique morte » dans toutes les universités publiques.
La professeure Jeanette Wogaing est la secrétaire générale du Synes, le syndicat national des enseignants du supérieur. Elle appelle au remboursement de la dette académique, « une dette qui court depuis 2000 ». « Les enseignants du supérieur réclament le paiement intégral des sommes dues de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche, à tous les enseignants », explique-t-elle.
Les syndicats dénoncent les mauvaises conditions de travail des enseignants
L’université est sinistrée et les personnels sont précarisés, selon le professeur Abah Oyono membre du Synes. Cet universitaire, qui s’est engagé ces dernières années en politique aux côtés de Maurice Kamto, avant de soutenir Issa Tchiroma Bakary, dresse un tableau peu reluisant de la situation des enseignants.
« Pas d’infrastructures dignes, des enseignants qui n’ont pas de toilettes, des enseignants qui n’ont pas de bureau, des enseignants qui ont des salaires misérables… Un professeur gagne à peine 500 000 francs. Il est question de dire au président de la République : vous voyez jusqu’où on peut aller, il faut arrimer les salaires des enseignants d’université jusqu’aux standards internationaux », détaille-t-il.
La rentrée académique est prévue pour début octobre. Mais ce mouvement de grève pourrait d’ores et déjà perturber la phase des pré-inscriptions.
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