- Après une salve d’invectives, Donald Trump a finalement annoncé depuis Davos, en Suisse, être parvenu au « cadre d’un futur accord » sur le Groenland.
- Il s’est réjoui d’une « réunion très productive » avec le patron de l’Otan, et a annoncé lever ses menaces de droits de douane contre huit pays européens, dont la France.
- Washington obtient « tout ce qu’il voulait », assure-t-il, mais sans détailler le contenu de cette ébauche de compromis.
Suivez la couverture complète
Menace d’annexion du Groenland : tension maximale entre les Etats-Unis et l’Europe
« La journée se termine mieux qu’elle n’avait commencé »
, a résumé le chef de la diplomatie danoise, Lars Løkke Rasmussen. Après des semaines de déclarations plus agressives les unes que les autres (nouvelle fenêtre), Donald Trump a subitement annoncé mercredi 21 janvier à Davos, en Suisse, « le cadre d’un futur accord »
sur le Groenland. Et levé dans la foulée les menaces douanières qu’il avait fait peser sur ses partenaires européens.
Après avoir agité de nombreuses menaces ces derniers jours, Donald Trump a nettement calmé le jeu quelques heures auparavant à la tribune du Forum économique mondial : lors de son discours, il a exclu pour la première fois d’utiliser la force pour mettre la main (nouvelle fenêtre) sur le Groenland. « Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force »
, a-t-il lancé. Mais tout en exigeant «
l’ouverture de négociations immédiates
(nouvelle fenêtre) afin de discuter à nouveau de l’acquisition »
de l’île autonome danoise.
Puis, dans la soirée, le dirigeant républicain a annoncé sur son réseau Social Truth qu’au cours d’une « réunion très productive »
avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, « nous avons conçu le cadre d’un futur accord concernant le Groenland et, en réalité, toute la région arctique »
.
Un « accord de long terme »… aux contours flous
« Sur la base de cette entente, je n’imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février »
, a ajouté Donald Trump dans son message. Samedi, le milliardaire de 79 ans avait menacé de surtaxes douanières (nouvelle fenêtre) huit pays européens, dont le Danemark et la France, qui avaient envoyé des militaires au Groenland. Ces nouveaux droits de douane, de 10%, devaient être effectifs à partir du 1er février, et même grimper à 25% au 1er juin.
Restant très vague sur ce qu’il a aussi qualifié de « concept d’accord »
, Donald Trump a ensuite assuré que le « cadre d’accord »
en question donnait aux États-Unis « tout ce (qu’ils) voulaient »
, « en particulier une véritable sécurité nationale et internationale »,
lors d’un échange avec la presse à Davos. Le chef de la Maison Blanche a par ailleurs assuré à des journalistes qu’il n’était « pas question d’argent »
dans les négociations.
Il a toutefois refusé de préciser si le compromis en discussions donnait à Washington la possession du territoire autonome danois (nouvelle fenêtre). Interrogé par une journaliste sur la question, il a hésité puis esquivé : « C’est l’accord de long terme par excellence. Et je pense que cela met tout le monde dans une très bonne position, en particulier concernant la sécurité et les minerais et tout le reste »
. « Il n’y a pas de limite de durée, c’est pour toujours »
, a-t-il ajouté.
Le président américain a par ailleurs indiqué sur Social Truth que les négociations sur le Groenland impliqueraient le vice-président JD Vance, son incontournable émissaire spécial Steve Witkoff, le chef de la diplomatie Marco Rubio et « plusieurs autres »
qui lui « rendront compte directement »
. « L’accord sera bientôt dévoilé »
, « c’est encore un peu en cours mais plutôt bien avancé »
, a-t-il insisté face aux journalistes.
Copenhague soulagé, l’Otan estime qu’il reste « encore beaucoup de travail »
De son côté, la porte-parole du chef de l’Otan, Mark Rutte, a indiqué que ce dernier a eu une « discussion très productive »
avec Donald Trump. Les négociations entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis « se poursuivront »
pour garantir que la Russie et la Chine ne puissent jamais « s’implanter, économiquement ou militairement »
, sur l’île, a indiqué Alison Hart dans un communiqué. Les discussions sur ce « cadre »
d’accord « porteront principalement sur la sécurité de l’Arctique grâce aux efforts collectifs des alliés »
, a-t-elle ajouté, citée par CNN (nouvelle fenêtre). Mais sans davantage de détails.
Peu après, Mark Rutte a semblé tempérer l’emballement américain, en précisant à l’AFP qu’il y avait « encore beaucoup de travail à faire »
pour trouver un accord sur le Groenland. « La rencontre a été très bonne ce soir »
, a-t-il malgré tout souligné.
« Trump dit qu’il met la guerre commerciale en pause, dit
je ne vais pas attaquer le Groenland, ce sont des messages positifs »
, a rapidement réagi de son côté le ministre des Affaires étrangères danois Lars Løkke Rasmussen, sans vouloir se prononcer sur le projet d’accord annoncé.
« Nous nous réjouissons que le président américain ait exclu toute prise de contrôle du Groenland par la force et suspendu la guerre commerciale »
, a-t-il ajouté dans un message posté sur X, appelant à poursuivre les discussions pour « répondre aux préoccupations américaines en matière de sécurité dans l’Arctique, tout en respectant les lignes rouges »
de Copenhague. Autrement dit le respect d’un « ordre international fondé sur le droit, la souveraineté des États et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes »
, avait-il précisé un peu plus tôt.











