- Depuis plusieurs mois, des campagnes de rappels de véhicules sont à l’œuvre pour ôter tous les airbags Takata des véhicules qui en sont encore équipés.
- Mais dans plusieurs territoires, notamment en outre-mer, encore trop d’automobilistes tardent à franchir le pas.
- En Guyane, un garagiste tente de sensibiliser les habitants en effectuant du porte-à-porte.
Airbags Takata défectueux : des rappels de voitures chez de nombreux constructeurs
Airbags Takata défectueux : des rappels de voitures chez de nombreux constructeurs
Avec sa camionnette, Moïse Flora sillonne les routes de Guyane, à la recherche des airbags Takata défectueux. Dans le département, le garagiste est le seul formé pour changer ces équipements considérés comme des bombes à retardement. Alors, à l’heure où on estime qu’encore un véhicule sur dix dispose toujours de ce type d’airbag dans cette enclave d’Amérique du Sud, il tente de convaincre les habitants en faisant du porte-à-porte.
Moïse Flora se déplace aussi bien à domicile que sur les lieux de travail pour accélérer les réparations. « Il y en a pour quinze minutes pour changer d’airbag. Ça peut vous sauver la vie, vous savez »
, lance-t-il à un local, visiblement sceptique. Malgré les multiples campagnes de sensibilisation, nombre de locaux ne sont pas conscients que leur vie est potentiellement menacée.
Difficile de retrouver les véhicules concernés
Si l’opération pour retirer l’airbag et le remplacer ne dure qu’une trentaine de minutes, le plus difficile est d’identifier les véhicules concernés puis d’en retrouver les propriétaires. Certains habitent des communes reculées du département, accessibles uniquement par avion. Bien souvent, les adresses sont aussi imprécises, ou les informations sur les cartes grises incorrectes.
À partir du 1er janvier, une voiture équipée d’un airbag Takata ne pourra plus valider le contrôle technique. Un bon moyen d’incitation, mais qui se heurte à certaines limites. « Toutes les personnes ne vont pas forcément au contrôle technique »,
argue Paul Grève, directeur en charge des campagnes de rappel Takata au groupe Citadelle, qui distribue huit marques de véhicules en Guyane. « Nous, on ne regarde pas s’il y a un contrôle technique ou pas. On veut juste enlever l’airbag et remettre un airbag neuf à la place »
, ajoute-t-il au micro de TF1.
Pour rappel, 20 personnes ont été tuées par les airbags Takata en France, auxquels s’ajoutent 21 blessés graves. Le bilan est d’autant plus lourd en outre-mer, (18 personnes tuées), en raison du climat tropical – mélange de chaleur et d’humidité -, qui accélère la dégradation du gaz présent dans ces équipements. Cela peut engendrer une explosion incontrôlée et projeter des éclats vers les individus présents dans le véhicule.











