- L’ancien président bulgare, qui a démissionné en janvier pour se présenter aux législatives, a recueilli 38% des voix, selon des sondages à la sortie des urnes dimanche.
- Critique de l’aide militaire à l’Ukraine ou encore du sevrage européen en hydrocarbures russes, il affirme toutefois ne pas vouloir « imposer de veto » à Bruxelles.
Pari réussi pour Roumen Radev. L’ex-président bulgare est arrivé en tête des élections législatives avec 38% des voix, selon des sondages publiés à la sortie des urnes, sa formule prorusse mais anticorruption ayant largement séduit l’électorat. Les conservateurs (GERB) de l’ancien Premier ministre Boïko Borissov, qui dirigeaient le précédent gouvernement, sont arrivés en seconde position, loin derrière avec 16% des suffrages, suivis des libéraux du PP-DB (14%).
Les résultats définitifs sont attendus lundi et les analystes estiment que le score de la coalition « Bulgarie progressiste » de Roumen Radev, 62 ans, pourrait encore augmenter, grâce aux votes à l’étranger. L’ordre d’arrivée des deux partis suivants est aussi susceptible d’évoluer.
L’Europe a été victime de sa propre ambition d’être un leader moral dans un monde régi par de nouvelles règles
L’Europe a été victime de sa propre ambition d’être un leader moral dans un monde régi par de nouvelles règles
Roumen Radev
À la tête de l’État entre 2017 et 2026, Roumen Radev avait démissionné en janvier afin de se présenter aux législatives. Son succès rebat les cartes pour former un gouvernement, dans ce pays des Balkans votant pour la huitième fois en cinq ans. La participation à plus de 51%, au plus haut depuis 2021, selon l’institut de sondage Market Links, démontre qu’il incarne, pour une partie des Bulgares, une chance de rassemblement.
« Nous avons surmonté l’apathie »
, s’est-il réjoui devant ses partisans en joie. « C’est une victoire de l’espoir sur la défiance, une victoire de la liberté sur la peur »
. « La Bulgarie fera des efforts pour poursuivre sa voie européenne, mais croyez-moi, une Bulgarie forte et une Europe forte ont besoin d’esprit critique et de pragmatisme »
, a-t-il dit. « L’Europe a été victime de sa propre ambition d’être un leader moral dans un monde régi par de nouvelles règles »
.
Avant le scrutin, il avait affirmé partager, sur l’envoi d’armes à l’Ukraine, les positions de la Hongrie et de la Slovaquie, estimant « ne pas voir l’intérêt pour son pays, pauvre, de payer «
. Mais sans « imposer de veto »
à Bruxelles, avait-il tenu à préciser vendredi sur la chaîne bTV, conscient des avantages retirés par l’appartenance de son pays de 6,5 millions d’habitants au bloc depuis 2007.
L’ancien général de l’armée de l’air doit désormais trouver une majorité au Parlement de 240 sièges, or il avait fermé la porte avant les élections à une coalition avec le GERB, en raison de leur « désaccord sur la corruption »
. Et M. Borissov, qui l’a « félicité »
, a exclu sur Facebook toute « alliance de circonstance »
. Roumen Radev devra quand même rassembler pour mettre un terme à la crise politique que traverse depuis 2021 le membre le plus pauvre de l’Union européenne.




