samedi, août 8

  • Un drone transportant une grande quantité d’explosifs est entré en Bulgarie samedi matin, avant d’exploser près de la frontière avec la Roumanie et d’un gazoduc.
  • Selon le ministère bulgare de la Défense, il s’agit d’un drone leurre de type Maya, « largement utilisé » par l’armée ukrainienne.
  • Voici ce que l’on sait sur cet incident.

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Un panache de fumée noire dans le ciel bulgare. Un drone transportant une « quantité importante d’explosifs » est entré en Bulgarie dans la matinée de ce samedi 8 août avant d’exploser près de la frontière avec la Roumanie et du gazoduc transbalkanique reliant la Turquie à l’Ukraine, a annoncé le Premier ministre bulgare Roumen Radev. 

Le chef du gouvernement, qui s’est exprimé dans une déclaration diffusée par le gouvernement sur les réseaux sociaux, n’a pas avancé d’hypothèse sur la trajectoire du drone, dont aucun des deux pays voisins n’avait détecté la présence dans leur espace aérien respectif, selon lui. Que s’est-il passé ? Qui était aux commandes de l’appareil ? Y a-t-il eu des victimes ? TF1info fait le point.

Que s’est-il passé ce samedi matin ?

Un drone « a explosé à proximité immédiate du poste-frontière avec la Roumanie de Kardam », près de la mer Noire dans le nord-est du pays, « à 1.000 mètres » d’une station de compression du gazoduc transbalkanique qui relie la Turquie à l’Ukraine, a déclaré Roumen Radev, s’exprimant après une réunion extraordinaire du conseil de sécurité de son cabinet. 

« Le bruit de ce drone a été enregistré par la police des frontières en Roumanie », puis « une forte explosion avec une fumée noire » a été remarquée par une patrouille de la police des frontières bulgare, a précisé le Premier ministre bulgare. Selon ce dernier, le drone transportait « une quantité importante d’explosifs, étant donné qu’il a été entendu à distance et qu’il a produit une telle fumée noire ».

Y a-t-il eu des victimes ?

Le Premier ministre bulgare a affirmé que le drone était tombé dans un champ de tournesols après son explosion, mais sans faire de victime. 

À qui appartenait ce drone ?

Plus tôt dans la journée, les autorités assuraient qu’il ne s’agissait pas d’un « drone de loisir », mais d’un « drone plus grand ». Ce samedi après-midi, de nouvelles informations ont été communiquées par le ministère bulgare de la Défense. D’après ce dernier, l’appareil serait un drone leurre de type Maya. 

Cet aéronef, qui n’est pas prévu pour transporter des explosifs, « est largement utilisé par les forces armées ukrainiennes ». « À l’heure actuelle, rien ne permet de penser qu’il s’agit d’un incident délibéré », a ajouté dans un communiqué le ministère, se basant sur l’analyse initiale des débris de l’engin, retrouvés dans un champ tout près de la frontière roumaine.

Un peu plus tard, l’Ukraine a, de son côté, assuré n’avoir pas visé « délibérément » la Bulgarie et promis une enquête. « Nous sommes en contact étroit avec la partie bulgare afin de clarifier les circonstances », a affirmé à des journalistes le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Georgiï Tykhy. « Nous pouvons affirmer avec certitude que l’armée ukrainienne n’a délibérément dirigé aucun appareil vers la Bulgarie », a-t-il ajouté, sans confirmer formellement si le drone était bien ukrainien. 

Kardam se situe à environ 50 km de la mer Noire, où la Russie et l’Ukraine multiplient les frappes sur des navires cargo depuis plusieurs semaines. La Turquie a dénoncé mardi des attaques de drone survenues lundi en mer Noire contre deux navires appartenant à des armateurs turcs, faisant cette fois-ci des blessés parmi l’équipage. Ce pays, qui partage une frontière avec la Bulgarie, a redit sa préoccupation face à « l’escalade du conflit » dans cette étendue d’eau.

De son côté, la Bulgarie, membre de l’Otan, a mis fin en juin dernier aux livraisons d’armes issues de ses stocks publics à l’Ukraine. Le pays n’a pas non plus participé à la dernière réunion de la « coalition des volontaires », réunissant les soutiens de Kiev à Paris, en juillet. Roumen Radev, qui plaide pour un dialogue avec la Russie, avait estimé que « la place de la Bulgarie n’est pas dans » cette coalition, appelant plutôt à renforcer les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre.

La Bulgarie a-t-elle déjà connu un tel incident ?

Si les incursions de drones sont devenues fréquentes en Roumanie, dans les zones de la mer Noire et à la frontière avec l’Ukraine, c’est le premier incident de ce genre en Bulgarie, qui n’avait jusqu’ici retrouvé que des débris de drones échoués sur le rivage de cette même mer. Appuyée par l’Union européenne, la Roumanie dénonce d’ailleurs la responsabilité de la Russie dans les incursions de drones, dont certains se sont écrasés sur son territoire. 

Après ces incidents, le ministère bulgare de la Défense a réagi en renforçant « la couverture radar et les capacités de surveillance dans la région », et « a redéployé des forces et des moyens pour contrer les cibles aériennes volant bas et à faible vitesse », a indiqué samedi Roumen Radev. 

« Nous continuons à suivre la situation et à renforcer la surveillance, et à la suite de cet incident, nous allons redéployer des forces et des moyens de la police des frontières pour la détection de drones et les opérations de lutte antidrones de la frontière avec la Turquie vers la frontière avec la Roumanie », a ajouté le Premier ministre bulgare. 

L’incident de samedi « doit être enquêté comme un possible incident visant des infrastructures critiques d’un État membre de l’Otan », a déclaré à l’AFP Ivaylo Mirchev, coprésident du parti d’opposition Oui, Bulgarie et membre de la commission parlementaire de la Défense.

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