- Le Premier ministre a annoncé vouloir généraliser dès mai prochain l’accès à des repas universitaires à un euro pour tous.
- Une mesure présentée vendredi dans le cadre du budget par Sébastien Lecornu.
- Et une main tendue à la gauche qui réclame ce coup de pouce depuis des années.
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Avec l’instabilité politique, la France aura-t-elle un budget 2026 ?
Un vrai coup de pouce contre la précarité étudiante ? Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, vendredi 16 janvier, vouloir généraliser à tous les repas universitaires à un euro. Des repas réservés, depuis leur création en septembre 2020, aux étudiants boursiers et à ceux qui ont « des difficultés financières »
. Pour les autres, comme Lucie, 22 ans, c’est 3,30 euros pour manger. Pour la jeune femme, la mesure serait donc bienvenue. « Du coup j’irai plus souvent au Crous je pense »
, assure-t-elle dans le reportage en tête de cet article.
Pour un autre étudiant, l’économie pourrait être importante : « Par exemple, quand je faisais mes courses, je dépensais environ 200 euros par mois et là, si je mange le midi et le soir au Crous de mon école, je dirais que ça me ferait peut-être 100 euros d’économie »
. La mesure, présentée dans le cadre du budget 2026 qui pourrait être adopté via 49.3 ou ordonnances, devrait entrer en vigueur dès le mois de mai.
Main tendue
Cette proposition de loi est une main tendue à la gauche, alors que Sébastien Lecornu cherche à éviter la censure à l’Assemblée nationale. La mesure, dont le coût est estimé à 90 millions d’euros, était demandée par les socialistes et les syndicats étudiants depuis des années dans un contexte de précarité étudiante grandissante. La nourriture constitue en effet la « principale variable d’ajustement »
du budget des étudiants, selon une enquête de l’Union étudiante publiée début janvier et fondée sur un questionnaire auquel 5.282 étudiants ont répondu à l’automne 2025. 48% ont déjà renoncé à se nourrir pour des raisons financières, 23% y renoncent plusieurs fois par mois.
En 2024, environ 667.000 étudiants bénéficiaient du repas à un euro, soit une hausse de 5,3 % par rapport à 2023, selon le dernier rapport d’activité du Crous. Quelque 46,7 millions de repas à un euro et à 3,30 euros ont été servis (+8,2 % par rapport à 2023). La mesure avait été provisoirement élargie à tous les étudiants en 2021, pendant la pandémie de Covid-19. Puis avait été retirée, au grand dam des organisations étudiantes. En janvier 2023, l’Assemblée nationale avait rejeté d’extrême justesse un texte des députés socialistes proposant l’accès à des repas à un euro pour tous les étudiants, une mesure alors évaluée à 90 millions d’euros.
Le texte, soutenu par toute la gauche, avait reçu l’appui des députés du Rassemblement national. Les députés macronistes avaient eux combattu une mesure jugée « injuste »
, insistant sur le fait qu’elle aurait bénéficié aussi à des étudiants de milieux aisés. En janvier 2025, une proposition de loi socialiste similaire a cette fois-ci été approuvée à une écrasante majorité, la majorité des macronistes s’abstenant malgré leurs réticences. Le texte a été transmis au Sénat, mais n’a pas été examiné à ce jour.
Des syndicats satisfaits mais…
Vendredi, Sébastien Lecornu a donc promis que « pour tous les étudiants, le repas à un euro au restaurant universitaire sera une réalité à compter du mois de mai ».
« En tant que première organisation étudiante, on ne peut que se réjouir de cette annonce, c’est quelque chose qu’on demandait depuis des années »
, a réagi auprès de l’AFP Louise Lenglin, vice-présidente de l’association étudiante Fage. « Mais ce n’est pas une réforme systémique »,
a-t-elle regretté, plaidant pour « des bourses à la hauteur, basées sur les revenus réels des étudiants »
.
Selon elle, la promesse « a pour but d’occulter un projet de loi de finances qui reste austère pour les jeunes et ne va pas résoudre la précarité étudiante »
. Du côté du syndicat étudiant l’Unef, on craint des « effets d’annonce »
. « On va voir si l’argent est réellement mis sur la table »
, a tempéré Salomé Hocquard, vice-présidente. « Il faut des investissements dans le bâti et dans le personnel, sinon les Crous ne vont pas suivre. Les étudiants attendent ça pour pouvoir vivre dignement »
. L’Union étudiante salue une « victoire »
mais refuse que cette mesure serve « à faire accepter un budget austéritaire et raciste »
.

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