Ambiance électro et mèches fluo, Bilal Hassani est de retour vendredi avec « Bonsoir Paris », un album qui reprend l’expression incontournable de ses débuts sur internet, devenue la signature d’un artiste affranchi faisant rimer danser et liberté.
Rien n’est laissé au hasard: des nouvelles perruques pour rappeler l’identité visuelle du disque aux vidéos égrenées sur ses réseaux sociaux pour faire monter la curiosité des fans, Bilal Hassani a pensé à tout pour ce quatrième opus, deux ans après la mixtape « Glitter Sleaze Utopia ».
A commencer par convoquer le souvenir d’une figure de la communauté LGBT+: Dalida.
« Dalida, c’est ma première source d’inspiration. Elle est un peu le puits dans lequel je suis allé chercher toute l’idée de la pop star que je voulais être », confie à l’AFP l’artiste français de 26 ans – 27 début septembre -, qui avait déjà repris « Laissez-moi danser » lors du Sidaction 2023.
Pour comprendre cet amour, il faut remonter le temps, lorsque le jeune Bilal passait ses après-midis dans le magasin de prêt-à-porter de sa tante, à Casablanca.
« Derrière la caisse de cette boutique, il y avait une télé avec un DVD best of de Dalida, donc c’est comme ça que j’ai été introduit à cette icône », retrace-t-il. « Et ce sont ses cheveux qui ont fait qu’aujourd’hui, je porte mes cheveux comme ça et que je me présente comme ça au monde. »
Cette source d’inspiration demeure vivace pour l’auteur-compositeur-interprète.
A Montmartre, « derrière son buste, il y a un banc où je m’assois très souvent quand je réfléchis à la vie », glisse-t-il, en évoquant cette statue à son effigie. Ripolinée en juillet par la municipalité, elle a déjà retrouvé sa poitrine dorée, patinée par les gestes des badauds.
– « X-Men » affirmé –
Au-delà de la chevelure, Bilal Hassani trouve dans les mots de Dalida une philosophie de liberté qu’il s’emploie à appliquer, à sa manière: sans carcan, avec extravagance et glamour.
Et « la fête, c’est un des endroits où je me suis toujours senti le plus libre. Je me rappelle que, sur tous les dancefloors où je me suis retrouvé, je n’avais jamais peur d’être moi », glisse-t-il, confiant s’y être fait « des amis et des amants ».
« En étant queer, on trouve dans la fête beaucoup de personnes comme nous, et d’armes aussi pour affronter en réalité le monde », ajoute-t-il.
Cible d’injures sexistes et homophobes, notamment en ligne, le chanteur sait ce qu’il en coûte d’être discriminé pour son identité. En 2023, il avait dû renoncer à un concert dans une église désacralisée à la suite d’une vague de haine, pour laquelle quatre hommes ont été finalement condamnés.
Ces attaques l’ont touché, mais pas coulé. En témoigne cet opus de douze titres, qui virevolte dans des sonorités EDM (électro dance music), en hommage à cette musique de la nuit qui a façonné sa jeunesse.
« J’aimerais faire la fête jusqu’à mon dernier souffle », souhaite l’artiste, qui a réalisé ce disque aux côtés de Sutus, producteur déjà présent sur « Théorème », en 2022.
Comme toujours chez lui, les rythmes pop rebondissent sur des thématiques sociétales ou des sujets intimes, comme lorsqu’il nargue ses détracteurs en se revendiquant « mi-femme, mi-homme » dans « X-Men », chanson en référence aux super-héros de l’univers Marvel.
Sept ans après l’Eurovision où il défendait la France avec « Roi », l’artiste, en tournée cet automne dont un passage à La Cigale en novembre, a mûri, avec un cuir que la notoriété a rendu plus épais. Sa mère l’accompagne toujours au sein de leur label, House of Hassani.
Ce parcours sera prochainement retracé dans « Bilal Hassani, Bats-toi comme une fille mon fils », un documentaire signé Mireille Dumas et diffusé sur France Télévisions.
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