lundi, juillet 27

Dans le cadre d’une enquête sur des biens gabonais acquis de façon frauduleuse en France, le parquet national financier a demandé le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de la banque BNP Paribas, ainsi que d’enfants d’Omar Bongo, le défunt président du Gabon, a appris l’AFP, lundi 27 juillet, de source judiciaire.

Au total, le PNF demande le renvoi de 23 personnes physiques ou morales : cinq sociétés – BNP Paribas et quatre sociétés immobilières – et 18 individus, parmi lesquels des enfants d’Omar Bongo, mais aussi l’épouse de l’actuel président du Congo, Antoinette Sassou Nguesso, selon la même source.

D’après une source proche du dossier, il requiert aussi le renvoi de l’ex-miss France et comédienne Sonia Rolland.

Une cinquantaine de bien immobiliers saisis

Dans ce dossier, 52 biens immobiliers frauduleusement acquis ont été saisis, d’après la source judiciaire.

Une information judiciaire est ouverte depuis fin 2010, à la suite d’une plainte de Transparency International.

Les biens immobiliers auraient été obtenus grâce à l’argent de « la Françafrique », un puissant système de corruption, de cooptation politique et de chasses gardées commerciales entre Paris et ses anciennes colonies du continent africain.

Ce système a donné lieu à l' »affaire Elf », avec au cœur des commissions occultes versées par la compagnie pétrolière française – absorbée depuis par TotalEnergies – au profit d’Omar Bongo, mort en 2009, et de son clan.

Blanchiment aggravé

Selon des éléments de l’enquête obtenus par l’AFP, la justice française considère qu’Omar Bongo a remis à une société gabonaise de décoration, Atelier 74, plusieurs dizaines de millions d’euros en espèces pour procéder à des acquisitions immobilières. L’argent transitait ensuite sur le compte français de cette société.

Pour BNP Paribas, mise en examen depuis mai 2021, le renvoi est requis pour blanchiment aggravé, notamment des délits de corruption et de détournement de fonds publics, selon la source judiciaire.

Il est reproché à la banque française d’avoir permis, entre 1996 et 2008, à la famille Bongo et à ses proches, via Atelier 74, « de convertir des fonds d’origine délictuelle dans des opérations immobilières, à hauteur d’au moins 35 millions d’euros », selon des éléments du réquisitoire du PNF dont l’AFP a eu connaissance.

En interrogatoire, BNP Paribas a reconnu des carences et défaillances, mais contesté tout « dessein frauduleux ».

Avec AFP

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