« Plus corpulents, plus vieux et plus poilus », certains hommes gay ou bisexuels « ne correspondent pas aux idéaux de beauté rigides » que s’imposent de nombreuses personnes queers, explique le quotidien allemand Tagesspiegel. « C’est la raison pour laquelle ils ont constitué leur propre communauté, au sein de laquelle ils luttent pour leur représentation » : celle des bears (ou « ours » en français).
Deux hommes photographiés à la Marche des fiertés de Berlin, le 25 juillet 2026. . PHOTO BABAK BORDBAR/Middle East Images/AFP.
Deux hommes photographiés à la Marche des fiertés de Berlin, le 25 juillet 2026. PHOTO BABAK BORDBAR/Middle East Images/AFP.
Aux côtés des bears existent aussi les otters (les « loutres »), surnom qui désigne les hommes queers plutôt sveltes et poilus, ou encore les twinks (les « minets »), minces et imberbes.
Mais comme le précise Thomas, un « ours » berlinois rencontré en juillet par le Tagesspiegel dans le cadre du Bear Summer Berlin, « fondamentalement, tout le monde peut faire partie de la communauté des ‘ours’ : même les hommes qui n’ont pas les attributs des ursidés peuvent se sentir accueillis et inclus dans notre communauté ».
Sascha Osmialowski, « DJ et bear« cité par le journal, explique que chez les « ours », « on peut vieillir, avoir des cheveux gris, prendre quelques kilos et se sentir toujours le bienvenu ».

Al Parker, originaire de Raleigh en Caroline du nord, distribue des flyers pour des “croisières en bateau pour les ours” à destination des îles britanniques et de l’Alaska, lors de la “Bear Week” de Provincetown, dans le Massachusetts, le 17 juillet 2026. Lui-même prend des médicaments antiobésité Zepbound. . Photo Tony Luong/The New York Times.
Al Parker, originaire de Raleigh en Caroline du nord, distribue des flyers pour des « croisières en bateau pour les ours » à destination des îles britanniques et de l’Alaska, lors de la « Bear Week » de Provincetown, dans le Massachusetts, le 17 juillet 2026. Lui-même prend des médicaments antiobésité Zepbound. Photo Tony Luong/The New York Times.
Mais aux États-Unis, rapporte The New York Times depuis la Bear Week de Provincetown, dans le Massachusetts, cet état d’esprit est bouleversé par un nouveau phénomène : « Les bears sont sous Ozempic. »
« Même à la Bear Week,
un carnaval body positive
prônant l’amour de soi
et la drague hard-core qui fête
son 25e anniversaire cet été,
impossible d’échapper
aux médicaments amaigrissants. »
Le quotidien américain The New York Times
Les traitements analogues du GLP-1 constituent une véritable révolution dans la lutte contre l’obésité, problème de santé publique majeur qui touchait 1 milliard de personnes en 2022, selon l’Organisation mondiale de la santé. Le New York Times rappelle qu’aux États-Unis, 11 % de la population prend ce type de médicaments.
René Alvarez, 54 ans, photographié sur la plage de Provincetown le 17 juillet 2026 pendant la “Bear Week”. . PHOTO TONY LUONG / THE NEW YORK TIMES
René Alvarez, 54 ans, photographié sur la plage de Provincetown le 17 juillet 2026 pendant la « Bear Week ». PHOTO TONY LUONG / THE NEW YORK TIMES
Résultat : « c’est une Bear Week d’un tout autre genre » cette année, avoue Alvarez, 54 ans, qui a confié au quotidien new-yorkais avoir « perdu 68 kilos grâce à un traitement au GLP-1 et à trois interventions chirurgicales visant à retirer l’excès de peau, effet secondaire fréquent d’une perte de poids extrême ».
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