Dans le théâtre de verdure d’Anterselva (Italie), perché à 1 600 mètres d’altitude, une même pièce se déroule chaque jour et ne fait jamais relâche, pas même ce dimanche 15 février. D’abord, dès les premières heures du matin, le public chemine, en procession, vers le stade. Il est accueilli par un Monsieur loyal, bilingue italien-allemand, qui s’assure que chacun est à son aise, au son du karaoké de YMCA, Sarà perché ti Amo, voire d’un incongru et remixé Let It Be.
A cette routine quotidienne s’est ajoutée une autre scène : quand le soleil se couche sur la vallée, une fois les courses de biathlon de la journée terminées, se forme au bas de la tribune un drôle de « carré or » de spectateurs. Ils arborent des chapeaux en forme de gallinacés et des bannières bleu-blanc-rouge, honorant parfois des clubs de ski savoyards ou jurassiens. « Lou ! », « Quentin ! », « Eric ! », « Océane ! », hèlent-ils en direction de leurs champions, avant de les laisser disparaître dans la coulisse.
Mais ce dimanche, au sixième jour de course sur la piste d’Anterselva, lors des Jeux olympiques (JO) de Milan-Cortina 2026, les deux séances programmées ont légèrement perturbé l’ordre des premiers rôles. En matinée, Emilien Jacquelin a remporté la médaille de bronze de la poursuite masculine. L’après-midi, Lou Jeanmonnot (4ᵉ) et Océane Michelon (5ᵉ) ont échoué au pied du podium de l’épreuve féminine. Une course de biathlon sans médaille tricolore, c’est une première lors de ces Jeux, mais il en faudrait plus pour fragiliser le statut de tête d’affiche de l’équipe de France.
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