Lundi 23 février, dans un restaurant parisien, il avait commandé une salade César, sans vin. Betty Mialet, sa complice éditoriale depuis quarante-trois ans, s’en était étonnée, car ce n’était pas son style : Bernard Barrault aimait la table, la conversation et cette joyeuse gravité des déjeuners avec les auteurs. Ils avaient ensemble bouclé toutes les opérations liées à la cessation d’activité de leur maison commune, les MB éditions (pour Mialet-Barrault), dont ils avaient annoncé l’arrêt en décembre 2025. Ils avaient achevé la transmission des contrats de leurs auteurs à la maison mère Flammarion. Le but de ce déjeuner était plutôt de parler de l’avenir, les nouveaux manuscrits de Philippe Jaenada et Yasmina Khadra.
Bernard Barrault est mort, mardi 24 février à l’âge de 86 ans, après un malaise dans la nuit, « mourant en pleine forme », selon sa propre formule, et ayant tenu sa promesse d’éditeur de partir sans interrompre la lecture. Parce qu’il disait « avant tout, je suis un lecteur », Bernard Barrault aura bâti soixante ans de carrière sur un geste d’une extrême banalité : ouvrir un livre et lire la première phrase.
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